1917, la guerre du plan-séquence5 min read

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Cet article contient des spoilers.

Au cours du dernier article sur Star Wars IX, je disais ne pas être un amateur des salles obscures. Pourtant, 2020 semble changer la donne ! En effet, je suis allé voir 1917 ce week-end.

Ce film de guerre, sorti fin 2019 en Grande-Bretagne, a pour particularité d’être tourné en deux longs plans-séquences (plus précisément en plusieurs plans-séquences discrets montés en 2 grands plans-séquences). Qu’est-ce qu’un plan-séquence ?

Christopher Guyon nous apporte une réponse assez claire :

Le plan est un morceau du film entre deux raccords. Une séquence est un passage, une scène d’un film se situant dans un seul et même lieu et reposant sur une action ou un dialogue principal. Un plan-séquence est donc une séquence composée d’un seul et unique plan, restitué tel qu’il a été filmé, sans aucun montage, plan de coupe, fondu ou champ-contrechamp.

En bref, il “suffit” de prendre une caméra et de filmer sans s’arrêter ! Le plan-séquence est utilisé dans beaucoup de films que j’apprécie : Quand passent les cigognes, Requiem pour un massacre, Elephant, Lord of War

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Le résumé !

Schofield et Blake, deux soldats de l’Empire britannique, sont chargés par leurs supérieurs d’accomplir une mission délicate. Ils vont devoir traverser le no man’s land et les lignes ennemies ! Dans quel but ? Porter un message au régiment Devonshire, coupé de toute communication externe. Ce régiment a prévu d’attaquer les allemands à l’aube, mais ces derniers le savent et vont anéantir les soldats du Devonshire en cas d’offensive.

Comment filmer et orchestrer la guerre ?

1917 se donne un but fort : emmener le spectateur au cœur de la guerre. Celui qui visionne le film, bien vissé dans son fauteuil, doit expérimenter la guerre visuellement et auditivement. Il doit expérimenter la peur.

Sur ce point, le film est grandiose ! Sans être excessivement violent, excessivement actif, 1917 trouve son rythme et sait convaincre le spectateur. On se prend à chercher où est l’allemand qui tire sur nos héros, quelle est la sortie lors de telle ou telle fuite. On ne sait pas d’où peut venir le danger, quel est le risque et c’est une bonne chose.

De plus, l’aspect visuel du film est fantastique. Grands champs, tranchées, mines, villes plongées dans l’obscurité de la nuit : tout y est magistral ! L’expérience et l’immersion sont phénoménales. Les acteurs jouent un rôle positif sur cette immersion.

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Crédits photo : Universal Picture

Bien que très typique des grosses productions, le grand tohu-bohu spectaculaire est présent et pas désagréable : musique larmoyante au possible, grand spectacle (l’avion qui se crashe), courses dans tous les sens… Pour autant, l’action est dosée, nerveuse et rarement fatiguante.

La personne m’accompagnant lors du visionnage avait souligné un aspect “jeu vidéo” au film. On peut remarquer, de fait, quelques mécaniques du jeu vidéo dont cette évolution en niveaux lors du film.

Le film transmet donc une certaine expérience de la guerre, à laquelle le spectateur peut se prendre.

Des défauts avançant dans l’ombre

Un défaut, majeur pour les uns, secondaire pour les autres, serait le scénario ! En effet, peut-on abandonner le scénario pour un film graphiquement éclatant et immersif ?

Personnellement, je pense que oui. Etant moi-même amateur des scénarios rodés, j’ai tout de même passé un bon temps devant 1917. Bien évidemment, d’un point de vue critique, le scénario est très basique : A et B doivent porter un message à C en passant par de multiples péripéties.

Mes remarques scénaristiques iraient sur les allemands, pas fichus d’avoir les yeux en face des trous, sur la scène où le héros court devant la tranchée et sur la scène avec la femme et le bébé. J’ai trouvé cette scène exagérée, improbable et maladroite. L’intention derrière, montrer de l’humanité au milieu de la guerre, reste louable.

Film Review: ‘1917’: A Brilliant, Muddy Meditation on a ...
Crédits photo : Universal Picture

Certains portent le souci de la longueur, et pour autant j’ai trouvé le film bien dosé sur ce point. Les personnages sont humains et ne peuvent cavaler sans répit.

Bien que n’empêchant pas d’apprécier le visionnage, l’absence de scénario concret, avec du recul, reste dommage. Bien qu’assez humanisé, le héros reste incroyablement chanceux et lisse. C’est à l’image du film, orchestral, magnifique mais trop lisse et propre pour la Grande Guerre.

Film spectaculaire dans ses points forts, il propose une certaine expérience de la guerre qui peut déplaire à certains. Grand film sur des termes artistiques et picturaux, le défi de 1917 sera de s’inscrire dans le temps.


L’avis final

1917 est porté par des acteurs talentueux, un montage parfait, un mixage audio à point ainsi qu’une photographie magnifique. Le scénario est peut-être le principal point noir du film.

Les plus :

  • Un aspect visuel magnifique ;
  • L’aspect musical et auditif est à la hauteur du visuel ;
  • Un jeu d’acteur sans reproche ;
  • Des scènes d’action globalement dosées et honnêtes ;
  • Une expérience de la guerre particulière.

Les moins :

  • Des allemands mauvais tireurs ;
  • La scène avec le bébé et la femme est assez improbable ;
  • Un scénario assez simpliste ;
  • 1917 est assez lisse malgré ses efforts ;
  • L’expérience peut donc être négative selon le point de vue.

La note : 15/20

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