À la découverte de Victor Martins9 min read

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Crédits photo de couverture : Kévin et Laurianne Langlais – Unsplash


Bonjour Victor, pour commencer cette interview peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Victor Martins, j’ai 18 ans, je vis en région parisienne et je suis pilote automobile.

Durant cette période de confinement, comment as-tu gardé le rythme ? 

Tout d’abord, je suis resté positif : j’ai continué à travailler, j’essayais de faire abstraction des circonstances. Je me préparais dans le flou car je ne savais pas comment et quand allait se passer mon championnat cette année. Il fallait être prêt du jour au lendemain. Je me suis entraîné particulièrement physiquement, j’ai gardé la même charge de travail qu’en temps normal. De plus, je me suis entraîné mentalement avec mon coach, sur des simulateurs et je jouais aux jeux vidéos pour m’amuser.

Le championnat de Formula Renault Eurocup a repris le 9 juillet en Italie. Pour ce premier week-end post-confinement, le jeune pilote français a signé 2 records de tour, une pôle position et a décroché son premier podium de la saison.

Pourquoi as-tu choisi la course automobile ?

Depuis tout petit j’ai toujours rêvé de sport mécanique même si je n’en pratiquais pas. Lorsque je faisais de la gymnastique, j’aimais bien aller faire de la moto, du karting. Vers mes 11 ans, grâce à un copain, j’ai essayé un kart de compétition au Portugal et c’est là-bas que tout à commencé.

Comment as-tu géré les études et la compétition ?

Tout d’abord, j’ai obtenu un Bac ES, ensuite j’ai voulu continuer mais je me suis vite rendu compte que ça n’était pas compatible avec mon rythme de vie. Cependant, j’essaie de suivre des formations à la FFSA Academy en DE JEPS, un diplôme d’Etat pour être coach en karting. 

Tu as un parcours atypique, tu as commencé le kart en compétition en 2014, et 2 ans plus tard tu te retrouves champion du monde de karting. Comment as-tu vécu cette performance ?

En vérité, je ne réalisais pas, je suivais ce qu’on me disait, mon seul objectif était de rouler, d’enchaîner les courses. J’ai eu la chance d’avoir les bonnes personnes autour de moi qui ont pu contribuer à ce sacre. Ce qui est satisfaisant c’est que cette année était très très dure.

Début 2016, le jeune pilote âgé de 15 ans à l’époque a la chance d’essayer une Formule 4. Pour ses 2 premières courses, il signe 2 podiums.

Après ces performances dignes d’un grand pilote, comment as-tu abordé l’affût des écuries ? 

Juste avant les championnats du monde, comme j’étais en équipe de France, on m’a proposé de tester une monoplace de Formule 4 . Ils voulaient que je fasse cette course et que je découvre ce milieu. J’ai vu ça comme une opportunité. Cette réussite m’a permis d’avoir des contacts. En janvier 2017, Frédéric Vasseur et Sébastien Philippe m’ont contacté afin de me prendre sous leurs ailes pour le management.

Lors de sa première saison, Victor Martins signe des performances stupéfiantes avec 4 victoires, 9 pôles positions et 11 podiums. Il finit la saison avec 299 points et 2ème du classement général du championnat de France.

Comment as-tu su supporter la pression aussi jeune ? 

Je n’avais pas forcément de pression, j’ai surtout été bien suivi notamment par ma famille et la FFSA. J’ai vraiment découvert le monde de la monoplace. C’est le début de l’ascension vers la F1 car la monoplace est très différente du karting. Donc certes il y a la pression des résultats, mais ce n’est pas mes bonnes performances qui m’en ont rajouté. 

C’est un moment que j’ai vécu à fond, je n’ai pas été impressionné car c’était mon objectif.

Quelle a été la sensation de signer dans une écurie telle que la Renault Académy qui est une “junior team” ?

C’était un rêve d’enfant que d’intégrer une « junior team », surtout depuis que j’avais commencé le karting . C’est un moment que j’ai vécu à fond, je n’ai pas été impressionné car c’était un objectif. Mais ça m’a ouvert de nouvelles portes et j’étais très heureux. 

En 2019, Victor Martins quitte la Renault Academy pour aller vivre sa première expérience dans une écurie étrangère qui est MP Motorsport.

Pourquoi as-tu changé une nouvelle fois d’écurie l’année suivante ?

C’est vraiment mes managers, ma famille qui ont pris cette décision avec mon entourage. Je n’ai rien avoir avec cette décision. C’est sûrement qu’il devait y avoir des belles ambitions dans le programme. 

Comment as-tu réagi au fait de signer dans une écurie étrangère telle que MP Motorsport ?

Lors de la signature, j’appréhendais, notamment avec la barrière de la langue, mais finalement je me suis bien intégré à l’équipe. J’étais super heureux de découvrir une équipe d’une telle ampleur. J’avais notamment des relations très fortes avec mon mécanicien et mon ingénieur. J’ai développé des sentiments que je n’avais jamais eus auparavant. Ensuite, je me suis développé humainement. Si on m’avait dit que j’allais passer une année comme celle-ci, j’aurais pris moi-même la décision de rejoindre MP Motorsport. 

J’ai fait des erreurs, on a eu des soucis sur la voiture. Une fois tous ces problèmes réglés on a dominé fortement la fin de saison.”

Cette année-là tu remportes le GP de Monaco. Quelle a été ta réaction ?

C’est assez extraordinaire, c’est une fierté. Sachant que l’année d’avant j’étais arrivé 3ème, je venais vraiment pour gagner. J’ai saisi ma chance, j’ai mis toutes les chances de mon côté. 

2019 est une année couronnée de succès pour le pilote de Formule 4. Il signe en 10 courses, 6 victoires et 9 pôles positions (égalant le record de la catégorie) et 14 podiums. Au total il récolte 312,5 points et il finit 2ème au classement général…

Quels sentiments éprouves-tu après ce résultat ? 

Sans mentir, ça a été très frustrant, mais c’est plus la mi-saison qui me frustre. Car tout allait mal, la relation avec l’équipe n’était pas top, j’ai eu des moments de doute. J’ai fait des erreurs, on a eu des soucis sur la voiture. Une fois tous ces problèmes réglés on a dominé fortement la fin de saison. Je profitais vraiment de chaque course avec l’équipe, je ne pensais pas forcément au championnat. On avait comme objectif de gagner course après course. Le côté frustrant a été à Abu Dhabi, car je me devais de gagner les 2 courses car Piastri ne pouvait plus me rattraper au général.

Au final je perds la 1èrecourse, mais j’ai su rebondir et gagner la deuxième même s’il n’y avait plus rien à jouer. Je me suis dit « je ne peux rien y faire, je ne perds pas le championnat ici, mais au début d’année ». J’ai quand même beaucoup appris durant cette année. 

Lors de cette saison 2020, le Français change une nouvelle fois d’écurie. Il revient en France et signe dans l’une des plus grandes écuries françaises, ART GP.

Pourquoi as-tu encore changé d’écurie alors que tu étais bien chez MP Motorsport ?

C’est un choix de mes managers car c’est leur équipe. C’est aussi un choix d’ambition. C’est la plus grande équipe française avant la Formule 1 donc c’est une fierté d’intégrer cette équipe. 

Quel est l’objectif aujourd’hui ?

Mon objectif est de dominer le championnat, mais surtout de profiter, passer des moments inoubliables avec l’équipe. Je pense avoir les capacités et les ressources pour remporter le championnat. 

Qui est ton mentor dans le sport ?

C’est Lewis Hamilton, car c’est un artiste, un bosseur, il travaille énormément, il m’inspire beaucoup. Ensuite je m’inspire de nombreux sportifs comme Anthony Joshua ou encore Rafael Nadal.

Je ne suis pas de nature prétentieuse mais tous les pilotes français pensent être le prochain en Formule 1. J’ai confiance en moi, c’est mon objectif.

Comment te définirais-tu en tant que pilote ? 

Je suis très calme, j’aime créer une ambiance de plaisir avec mon équipe. Je suis un pilote déterminé, je n’abandonne jamais. 

Penses-tu être le prochain pilote français en Formule 1 ? 

Je pense personnellement que je serai le prochain. Je ne suis pas de nature prétentieuse mais tous les pilotes français pensent être le prochain en Formule 1. J’ai confiance en moi, c’est mon objectif. 

Y a-t-il une écurie qui te fait rêver ? 

Je n’ai pas d’écurie qui me fait rêver, déjà si j’intègre la Formule 1 ce sera une très belle réussite. Après, comme j’ai été pilote pour la Renault Academy ça serait un plaisir de signer chez eux. Cependant je n’ai pas de préférence, je prendrai ce qu’on m’offre. 


Merci beaucoup Victor pour m’avoir accordé de ton temps. Au nom de l’équipe de Nouvelle Vue nous te souhaitons le meilleur pour la suite de ta carrière.

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