À Montpellier, l’association C.L.O.P.E. ne mégote pas avec l’environnement5 min read

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Morgane Aubert et cinq autres de ses camarades, étudiantes en L3 de science politique, ont décidé de créer, en avril dernier, le projet C.L.O.P.E. (Collecte Locale Organisée Pour l’Environnement). Leur objectif : débarrasser Montpellier des mégots qui polluent la ville.

Chaque année, en France, 30 milliards de mégots de cigarette se retrouvent dans l’environnement, représentant, en moyenne, plus d’un tiers des déchets ramassés lors des nettoyages urbains. Dans le cadre d’un cours intitulé « Projet Professionnel Personnel », Morgane Aubert et cinq de ses amies, étudiantes en L3 de science politique, ont voulu s’orienter vers la protection de l’environnement, et traiter un sujet qui les concernait quotidiennement, notamment en observant les pratiques à la Faculté de Droit et de Science Politique.

« Les objectifs de notre association sont tout d’abord, d’informer les gens, on s’est rendues compte que beaucoup de gens ne savent pas de quoi est composé un mégot de cigarette », explique Morgane Aubert. Pour rappel, un mégot désigne la partie finale d’une cigarette, qui reste après avoir été fumée, dont le filtre est « en acétate de cellulose, qui est une sorte de plastique qui n’est pas biodégradable ». Ajoutez à cela, plus de 2000 substances chimiques sur ce petit morceau de déchet, qui semble innocent, telles que le nitrate de potassium ou le créosote, et vous obtenez un réel danger pour l’environnement, mais aussi pour la qualité de l’eau, touchée dans les nappes phréatiques. Une étude a démontré qu’un seul mégot pouvait polluer presque 500 litres d’eau et mettre plus de 15 ans à se dégrader dans la nature.

Sensibiliser, nettoyer et recycler

« Notre deuxième objectif est de sensibiliser le public, notamment les étudiants, par le biais de diverses actions comme le nettoyage de certains lieux et des interventions dans les écoles ou les formations », reprend Morgane. Les initiatrices de ce projet ont établi, avant de se lancer, un diagnostic de leur établissement, observant les comportements des étudiants et recensant le nombre (trop peu élevé) de cendriers dans l’enceinte de la faculté de droit et de science politique. Ainsi, elles ont recensé seulement 14 cendriers pour plus de 6000 étudiants. Toutefois, les membres de ce collectif ne veulent pas jouer les moralisateurs : « Nous ne sommes pas là pour demander aux gens d’arrêter de fumer, dans un discours culpabilisant, nous voulons seulement leur rappeler de jeter leurs mégots aux endroits prévus à cet effet. En leur montrant l’incidence qu’un petit geste peut avoir sur l’environnement », déclare Morgane.

Une initiative plutôt bien accueillie par les étudiants qui étaient plus de 50, samedi 19 octobre, pour une collecte à la faculté de droit, ramassant ainsi plus de six kilos de mégots. « Nous donnons rendez-vous aux gens par le biais de notre page Facebook, à une heure précise, dans un même lieu, pour commencer la collecte. » Le matériel nécessaire à une collecte de mégots ? Un fût pour stocker tous les déchets avant de les envoyer pour traitement, mais aussi des gants en plastique pour chaque participant. Enfin, en reprenant l’idée du #FillTheBottleChallenge, concept populaire sur les réseaux sociaux qui consiste à remplir une bouteille vide de déchets ramassés par terre, « nous demandons aux volontaires de ramener des bouteilles vides, cela leur permet aussi de constater leur progression tout au long du ramassage », détaille Morgane Aubert.

L’action est plébiscitée par plusieurs autres associations étudiantes, on a notamment pu voir les élèves de l’ISCOM participer à une collecte sur la place de la Comédie en compagnie de C.L.O.P.E. Le collectif s’est aussi engagé contre un fléau particulièrement présent l’été dans notre région touristique, les mégots sur les plages. En partenariat avec Initiative Océan, il a pu recueillir les déchets issus du tabac, pour ensuite les recycler. Car le troisième objectif de C.L.O.P.E. est bel et bien de recycler ces petits morceaux de plastique, pour leur redonner une seconde vie. L’association envoie directement ses déchets chez MéGo, une entreprise spécialisé dans le recyclage, qui dispose d’un point relais à Castres.

« Avant de penser à s’exporter, bien s’implanter à Montpellier »

« Ensuite, les mégots sont envoyés en Bretagne, dans la seule structure qui recycle des mégots en France. Ils seront dépollués puis transformés en mobilier urbain ou en matériau d’isolation », détaille Morgane.

Ce succès grandissant au niveau local a attiré l’attention de la métropole, avec qui le collectif est en contact, même si pour le moment ils n’ont pour subventions que celles accordées par le FSDIE (Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes). Pour continuer à grandir, l’association pourrait aussi dans les prochains mois se doter de locaux. « Avant de penser à s’exporter, il faut d’abord bien s’implanter à Montpellier, une ville où il y a encore beaucoup de choses à faire », rajoute Morgane. « Ce que vous pouvez nous souhaiter de mieux, ça serait qu’on disparaisse. Ça voudrait dire qu’il y aurait assez de cendriers et que les gens jetteraient leurs mégots dedans ».

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