César 2020 : que s’est-il passé ?5 min read

César 2020 : que s’est-il passé ?5 min read

Les cérémonies de remises de prix nous ont habitué(e)s à leur lot de surprises… Et la 45e cérémonie des César n’aura pas dérogé à la règle. Entre satisfactions et consternations, bilan de cette événement en demi-teinte.

Crédits photo : Le Point

En demi-teinte, que dis-je, “bilan de cet événement affligeant” serait peut-être un terme plus approprié. Cependant, notre but ici ne sera pas de nous concentrer seulement sur ce qui a terni la cérémonie, puisqu’il y a aussi eu du bon. Nous séparerons donc la cérémonie en trois parties : le positif, le négatif, et enfin le révoltant…

Le positif

Tout d’abord, il y a eu la débandade de prix pour l’excellent Les Misérables. Fort de 11 nominations, le film a été récompensé de 4 statuettes : Meilleur film, César du public, Meilleur espoir masculin et Meilleur montage.

Crédits photo : RFI/REUTERS/Piroschka van de Wouw

Aussi, nous ne pouvons que nous réjouir du prix du Meilleur scénario original octroyé à Nicolas Bedos pour La Belle Epoque. Son film remporte par ailleurs 3 statuettes, ex-aequo avec un certain J’accuse. Le film de Roman Polanski, au centre de toutes les polémiques, aura su obtenir entre autres les prix de Meilleurs costumes et de Meilleure adaptation. Des prix somme toute amplement mérités, puisque la concurrence dans ces catégories ne faisait pas le poids.

Toujours dans les bonnes nouvelles, nous pouvons notifier le César du meilleur espoir féminin décerné a Lyna Khoudri pour Papicha, celui du Meilleur son pour Le Chant du loup, ou encore ceux du Meilleur acteur et du Meilleur acteur dans un second rôle décernés respectivement à Roschdy Zem et à Swann Arlaud pour leur performance dans Roubaix, une lumière et Grâce à Dieu.

Le négatif

Nominé dans 10 catégories, Portrait de la jeune fille en feu ne repartira qu’avec une unique statuette, celle de la Meilleure photo. Grande déception pour Céline Sciamma, qui méritait sûrement plus.

De même, c’est du côté du Meilleur film d’animation qu’un débat peut être ouvert. Nous aurions pu privilégier cette récompense à Les Hirondelles de Kaboul plutôt qu’à J’ai perdu mon corps, déjà primé de la récompense de la Meilleure musique originale.

Nous regrettons aussi l’absence de récompense pour Hors normes, film aux nombreuses qualités. Nous sommes également surpris du César de la meilleure actrice remis à Anaïs Demoustier pour son rôle dans Alice et le Maire, tant la concurrence était rude (Noémie Merlant par exemple ne méritait-elle peut-être pas plus ?).

Enfin, nous pouvons également toucher quelques mots sur l’ambiance de cette cérémonie… Saluée par beaucoup pour son franc-parler et son “humour”, je n’ai personnellement pas du tout accroché à la performance de Florence Foresti, digne d’une mauvaise farce. En outre, comme nous pouvions nous en douter, la polémique Polanski a jeté un vent glacial à l’intérieur comme à l’extérieur de la salle Pleyel, ce que vous pouvez constater par vous-mêmes…

Le révoltant

Les derniers points soulignés nous permettent de déboucher sur le pire de cette 45ème édition… Nous précisions un peu plus haut que J’accuse avait reçu 3 récompenses, mais nous n’en citions que deux. La troisième, venue en fin de soirée, n’est nulle autre que le César de la meilleure réalisation. César décerné directement à Roman Polanski donc, alors que d’autres réalisateurs, sûrement bien plus méritants tels que Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu ou bien Eric Toledano et Olivier Nakache pour Hors normes, prétendaient à ce prix.

Bien que j’aie personnellement toujours défendu le film, voyant ses qualités avant les affaires de son réalisateur… Bien que j’avais personnellement compris les 12 nominations dont il faisait l’objet, compte tenu de ses atouts purement cinématographiques… Aujourd’hui, moi – et comme beaucoup d’autres -, je suis personnellement indigné, effaré, révolté.

Aujourd’hui, J’accuse l’académie d’avoir, au profit de l’art, oublié tout le reste. D’avoir agi inconsciemment, sans prendre en compte la douleur que cela pourrait provoquer chez les victimes. J’accuse l’académie d’avoir délibérément récompensé un violeur, un pédophile. J’accuse l’académie, par cet acte, d’avoir gâché l’effet de la remise du César du Meilleur film pour Les Misérables, ternie par cet affront qui l’aura précédé. Enfin, et outre mesure, J’accuse l’Etat français pour sa négligence face à l’indignation collective, Etat français qui continue d’agir d’une manière à ce que le criminel Roman Polanski ne purge pas sa peine comme n’importe quel autre criminel.

Pour conclure : plus de négatif que de positif, et surtout une fin désastreuse, affligeante, consternante. Cette 45e édition des César sera difficile à oublier, non pas pour sa qualité, mais bien pour le mal qu’elle nous aura fait…

Crédits photo de couverture : Le Parisien/LP/Olivier Arandel et Fred Dugit

Laisser un commentaire

Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez
Lire les articles précédents :
Marvel Comics
Marvel Comics 1000 : une agréable surprise

Marvel a décidé de mettre les moyens pour fêter ses 80 ans. Pour cela, la Maison des Idées a décidé...

Fermer