COVID-19 : Mais où sont passés le football et le sport ?7 min read

COVID-19 : Mais où sont passés le football et le sport ?7 min read

Alors que courir avec son ami d’enfance ou avec n’importe quel être humain est maintenant impossible pendant 15 jours, il est logique qu’un sport mettant en scène 22 acteurs soit mis au frigo. C’est le cœur lourd que les plus grands amoureux du football apprennent chaque jour les nouvelles directives prises par les grandes instances du ballon rond. L’Italie avait donné le rythme de cette course aux reports, avant de voir le reste de l’Europe – et aujourd’hui le monde entier – imiter ses décisions. En plus d’un véritable manque à gagner sur le plan financier, les conséquences de cette pandémie pourraient susciter de nombreux débats, notamment dans ce que l’on considère comme les cinq grands championnats européens. Récit, point par point, d’une pandémie pas très fair-play.

Crédits photo : Le Parisien

Commençons par le commencement. Alors que le COVID-19, que tous les occidentaux considéraient encore comme une simple grippe, a décimé la Chine et la ville de Wuhan, l’Italie recense ses premiers cas. A l’image de l’Atalanta ces derniers temps, le virus va très vite faire sa remontada, obligeant les tifosis à regarder le choc entre la Juventus et l’Inter dans leur canapé. C’est le dernier signe de vie du football italien aujourd’hui. Depuis, la Lazio – deuxième au classement – croise les doigts pour que la saison reprenne, ou au mieux, qu’elle se voit attribuer son ticket pour la C1 qu’elle mérite amplement.

Alors que la Ligue 1 se portait à merveille, l’Oise et le Grand-Est ont malheureusement joué les trouble-fête en ramenant le virus dans l’Hexagone. La confrontation Strasbourg – PSG lance les hostilités en se voyant reportée à cause du risque grandissant. Cela avant que l’affiche du dimanche soir, opposant le LOSC à l’OL, ne vienne prendre le costume de dernier match avant – au moins – un bon mois. Depuis, les clubs vivent au rythme de la pandémie et des mesures gouvernementales annoncées chaque semaine par Emmanuel Macron et son gouvernement. 

En Espagne et en Allemagne, le combat ne change pas vraiment. Les deux pays connaissent leurs premiers cas dans le même temps que les pays frontaliers respectifs, et arrêtent leurs championnats dans la semaine qui suit. Certes, la Bundesliga a résisté brièvement, mais nul n’est plus fort que le virus. Dans le pays au drapeau rouge et jaune, les clubs communiquent chacun leur tour sur le nombre de personnes détectées positives au COVID-19. Valence, par exemple, indique que 50% de ses employés et de son staff sont contaminés, pendant que Alaves recense 15 joueurs contaminés au sein de son effectif. 

Crédits photo : Bein Sport

En Angleterre, bien que la mode soit plutôt à l’attentisme gouvernemental – au désagrément du peuple britannique -, le championnat supposé le plus relevé du monde s’est figé dans les mêmes délais que ses concurrents. Alors que des grands noms comme Mikel Arteta ou des jeunes prodiges comme Callum Hudson-Odoi ont été détectés positifs, Liverpool attend avec plus de peur que d’impatience la décision nationale concernant son championnat. Les débats autour d’une probable et assez logique proclamation d’une équipe des Reds championne de PL alimentent les discussions footballistiques de l’autre côté de la Manche.  Il est dommage que cette pandémie éclipse la nouveauté instaurée par Chelsea dans le football féminin. Le club s’est en effet vanté d’avoir établi des programmes d’entraînement en fonction des menstruations de ses joueuses. Une véritable avancée pour une discipline qui cherche de la visibilité mais qui n’échappe pas au COVID-19. 

En regroupant tous ces championnats qui gèrent la menace de manière presque commune, nous arrivons très vite à la question des différentes coupes européennes. La dernière semaine ayant accueilli du football continental nous a laissé sur notre faim. Des matchs à huis clos et des reports à foison. L’image du Parc des Princes vide mais plein à ses abords ne laissera personne indifférent. L’UEFA est actuellement en pleine réflexion. Alors que des matchs uniques, remplaçant les rencontres aller-retour sont à l’étude, il est difficile de prévoir la date à laquelle le ballon retrouvera les pelouses européennes. Istanbul, où les joueurs déambulaient encore sur les terrains en début de semaine, pourrait accueillir plus d’un match dans la « pire » des situations envisagées par l’UEFA. Il serait quand même dommage pour le PSG de ne pas pouvoir poursuivre sa compétition après s’être vanté d’avoir vaincu la malédiction. 

Crédits photo : RFI

Les équipes nationales dépendent de leur fédération. Didier Deschamps a vu ses deux matchs amicaux reportés, alors que l’Espagne ou encore l’Allemagne ont pris la décision de les annuler. De toute façon, l’UEFA a décidé de leur laisser un an de plus pour se préparer à l’Euro. Il est effectivement compliqué de jouer cette compétition dans les conditions actuelles, d’autant plus que cette édition prévoyait de voir plusieurs pays recevoir les matchs. Une manière aussi de donner une marge dans le calendrier pour que les clubs rattrapent leurs matchs en retard. Les sud-américains sont également dans la même optique et ont accepté de décaler leur Copa America d’un an pour que les joueurs aient le même rythme que leurs homologues européens. 

Crédits photo : CNN.com

Étant le sport majeur des pays occidentaux, il est normal de parler de football avant les autres sports. Mais les autres disciplines ne sont pas forcément épargnées. Aux Etats-Unis, la NBA s’est arrêtée après la contamination de Rudy Gobert, enclenchant une polémique étant donné son comportement avant qu’il ne soit testé positif (il ne prenait pas au sérieux le coronavirus). Nous avons aussi appris ces derniers jours la contamination de Kevin Durant, véritable star du basket américain contemporain. 

En rugby, le Tournoi des Six Nations s’est aussi mis à l’arrêt. Heureusement que les Français ont perdu face à l’Ecosse car l’attente aurait été insoutenable !

Le tennis, quant à lui, a vu l’ATP et la WTA se retirer jusqu’au 7 juin. Le Tournoi de Roland-Garros a donc été reporté à l’automne. Une chose est sûre : dès la reprise, on ne risquera pas de s’ennuyer. 

La Formule 1 ne roule plus non plus depuis que des membres du staff de McLaren ont été contrôlés positifs.

Le mot de la fin s’adressera à Martin Fourcade qui a tiré sa révérence le week-end dernier. Une victoire lors de la poursuite, saupoudrée d’un podium exclusivement composé de Français. Le tout sans aucun spectateur. Martin s’arrête en même temps que le sport. Le signe est fort, tout comme le champion au palmarès bien garni. 

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