Femmes d’exception #3 – Katherine Johnson, une figure de l’ombre5 min read

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Son nom ne vous dit peut être rien, et pourtant Katherine Coleman Goble Johnson était, d’après le directeur de la NASA James Bridenstine, “une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié“. De manière plus prégnante, vous connaissez sûrement la personne à travers le film qui conte son histoire, Les Figures de l’ombre (titre original : Hidden Figures). C’est âgée de 101 ans que la mathématicienne, physicienne et ingénieure spatiale nous a quittés, le 24 février 2020. Retour sur la vie et la postérité de cette femme d’exception, qui a eu une importance capitale pour les Etats-Unis dans leur conquête spatiale.

Katherine Johnson à son bureau, en 1962, à Hampton en Virginie. 
Crédits photo : NASA/Donaldson Collection/Getty Images

Qui était Katherine Johnson ?

Enfance et études

Katherine Johnson naît le 26 août 1918 en Virginie Occidentale. Ses parents se rendent vite compte que cette dernière a un don pour les mathématiques et la poussent à étudier, malgré les difficultés qu’elle pouvait rencontrer en tant que femme afro-américaine. En effet, il peut être bon de rappeler qu’une ségrégation raciale de jure fut présente aux Etats-Unis jusqu’en 1964.

Un arrêt de bus en 1940 en Caroline du Nord. La ségrégation raciale est institutionnalisée aux Etats-Unis de 1876 à 1964.
Crédits photo : Crimino Corpus

A l’université, qu’elle intègre à l’âge de 14 ans, elle s’inscrit à tous les cours de mathématiques proposés. Elle devient la protégée de plusieurs professeurs et obtient son diplôme de mathématiques et de français avec la plus haute louange en 1937, à l’âge de dix-huit ans.

Carrière et exploits

Après avoir brièvement travaillé dans le milieu de l’enseignement, elle s’oriente vers les métiers de chercheuse et de mathématicienne. En 1953, elle intègre la NASA en tant que calculatrice humaine.

Après être passée par la West Area Computers, groupe de calculatrices humaines afro-américaines supervisé par la mathématicienne Dorothy Vaughan (autre personnage majeur de Hidden Figures), elle intègre la division de guidage et de contrôle de la division de recherche en vol de Langley. Elle travaillera en tant que technologue en aérospatial de 1958 jusqu’à sa retraite, en 1986.

Les calculatrices humaines dans Les Figures de l’ombre

A la NASA aussi elle connaîtra la ségrégation et les humiliations. Cependant, elle continuera toujours de se battre, et verra ses efforts récompensés.

En 1962, l’astronaute John Glenn demande expressément qu’une vérification à la main des calculs de trajectoire de lancement de la mission Mercury-Atlas 6 soit faite par Katherine Johnson. Cette mission, réussie en partie grâce à notre femme d’exception, signe le premier vol américain en orbite autour de la Terre.

John Glenn, premier américain à avoir volé autour de la Terre
Crédits photo : Reuters / NASA NASA

Enfin, en 1969, Katherine Johnson participe activement au bon déroulement de la mission Apollo 11.

Postérité

Distinctions

Katherine Johnson reçoit des doctorat honoris causa en droit par la Farmingdale State College, en sciences par le Capitol College, l’Université Old Dominion et le collège de William et Mary, et en lettres humaines par l’Université de Virginie Occidentale. Un doctorat honoris causa est un titre honorifique décerné à une personnalité éminente.

Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté en 2015.

Crédits photo : ABC News

Enfin, on lui décerne en 2019 la médaille d’or du Congrès, plus haute distinction civile qui puisse être accordée par le Congrès des Etats-Unis.

Oeuvre

Hidden Figures, livre de Margot Lee Shetterly adapté au cinéma en 2017 sous le titre Les Figures de l’ombre en français, raconte l’histoire de Katherine Johnson ainsi que de Dorothy Vaughan et Mary Jackson.

Ce film est une ode à la femme forte, qui va au bout de ses rêves malgré les obstacles, qui sait concilier vie de famille et vie professionnelle d’une main de maître, qui s’impose. Un bras d’honneur au patriarcat et à la ségrégation qui nous fait du bien, et qui restera d’actualité longtemps…

Je ne m’embarquerai pas dans une longue critique étant donné que c’est ici à Katherine Johnson que nous voulons rendre hommage mais, si vous voulez en apprendre plus sur cette femme d’exception, Les Figures de l’ombre est un bon moyen de vous intéresser à son histoire.

Le 24 février dernier, nous avons perdu une femme incroyable que nous nous devions de célébrer. Katherine Johnson, en se battant pour ses droits, aura défendu ceux de toutes les femmes et de tous les afro-américains à travers le monde. Un combat de l’ombre pour une figure de l’ombre, qui méritait son coup de projecteur.

Crédits photo de couverture : A Mighty Girl

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