Ghost of Tsushima : un jeu coloré à l’histoire sombre7 min read

Ghost of Tsushima : un jeu coloré à l’histoire sombre7 min read

Crédits photo de couverture : Ghost of Tsushima


Sorti ce 17 juillet 2020, Ghost of Tsushima, signé Sucker Punch, nous embarque en 1274 au Japon féodal, durant l’invasion mongole. Un contexte original qui met en lumière une période historique encore jamais représentée dans les médias. Le joueur incarne Jin Sakai, un samouraï qui va lutter pour l’intégrité de son île, Tsushima. Si la force du jeu se verra immédiatement dans ses environnements, on remarquera tout de même un scénario assez plat. De ce fait, une question émerge. Faut-il forcément un bon scénario pour avoir un bon jeu ? Si cette question fait débat au sein de la communauté vidéoludique, Ghost of Tsushima, lui, nous laisse entrevoir une réponse. Et c’est ce que nous allons voir dans cet article.

Crédits photo : Ghost of Tsushima

Un univers à couper le souffle

Lorsque nous débutons le jeu, il y a un détail qui frappe instantanément, c’est l’environnement. Que ce soit la faune et la flore locale, la météo, et même les couleurs, le jeu est indéniablement magnifique. L’ambiance picturale est simplement folle. Nous passons d’un décor à un autre, d’une couleur à une autre. Sortir d’une forêt dorée et arriver dans une étendue de feuilles blanches, c’est maintenant possible. Sans compter sur le vent qui rajoute une lourdeur à l’univers dans lequel on évolue. On notera aussi une très belle verticalité qui rappelle les jeux Assassin’s Creed.

Mais ce n’est pas tout. En effet, en dehors des aspects naturels et vierges de l’île de Tsushima, on retrouve aussi ces endroits occupés par l’envahisseur. Les Mongols ne rigolent pas et ils marquent leur territoire au fer rouge. Cela passe par les dégâts causés par les champs de bataille, jusqu’aux ruines des maisons en feu. Aussi, peu importe ou le joueur se trouve sur Tsushima, il saura que les envahisseurs sont là. Effectivement, si nous jetons un œil dans le ciel, nous verrons ces longues fumées noires marquant la présence des étrangers. Tous ces éléments participent à l’ambiance du jeu qui se veut pesante, lourde et étouffante.

Crédits photo : Ghost of Tsushima

Beaucoup de possibilités dans un univers limité

Ghost of Tsushima regorge de choses à faire, certaines intéressantes, d’autres moins utiles. Parmi les actions originales, nous avons la possibilité de composer des Haïku, de la poésie japonaise, dans un endroit apaisant. Nous pouvons aussi suivre le vent, les oiseaux ou les renards, qui nous mèneront dans des endroits intéressants. Sucker Punch à réussi a renouveler la manière de nous guider dans un jeu. Là où nous avons toujours une carte, un radar ou un GPS, Ghost of Tsushima nous incite à utiliser la nature. Cela est agréable, apaisant et très original, et s’imbrique parfaitement dans la culture japonaise. En effet, les croyances étaient centrées sur les animaux, les éléments naturels et les signes.

Pour l’anecdote, lors de la véritable invasion des Mongols, c’est le vent qui a empêché la poursuite des envahisseurs. Il y eut un vent si fort qu’il provoqua une tempête, et les bateaux ennemis coulèrent. Ce vent sera plus tard surnommé Kamikaze, le vent divin.

Dans la plupart des critiques du jeu, on note souvent une ressemblance frappante aux jeux Ubisoft. En effet, la présence des camps ou des villages à libérer ne participe pas à la réussite du jeu. Cependant, c’est une mécanique de gameplay qui fonctionne bien pour cette génération de consoles. Ghost of Tsushima ne renouvelle presque rien, mais il se repose sur des bases solides. L’intégration des petites nouveautés originales comme le vent s’occupe de faire la différence.

Crédits photo : Ghost of Tsushima

Enfin, on notera un scénario plat. Malgré le contexte original et historique du nouveau titre de Sucker Punch, l’histoire reste quand même peu intéressante. Le gameplay pousse d’ailleurs plus le joueur à explorer l’île plutôt qu’à s’attarder sur l’histoire qui n’est pas la force du jeu. Il y aura tout de même quelques passages captivants et épiques. Mais il est difficile de passer après un The Last of Us, même si le scénario est bon et plaisant.

Devenir un ghost

L’un des points forts de Ghost of Tsushima est son système de combat. Il est très complet, étoffé, et donne énormément de possibilités. Le joueur se fait vite la main et pourra tuer de plusieurs manières. Il pourra décider de combattre comme un vrai samouraï, ou se diriger vers la voix du ghost et combattre sans se faire remarquer. Les possibilités sont immenses et beaucoup de techniques de combat sont intéressantes face à certains ennemis. C’est un système de combat riche, à plusieurs facettes, et il rend le gameplay d’autant plus original qu’il ne l’était déjà.

Une ambiance sonore maîtrisée

Après avoir vu l’ambiance picturale et ce que nous offrait ce jeu, il ne faut pas oublier la musique qui est très réussie. En effet, elle rajoute un plus au gameplay déjà très riche. Il y a pour toutes les situations une musique de fond différente. Cela renforce la confiance, la détente ou l’insécurité du joueur. Par exemple, lorsque nous composons des Haïku, c’est une musique apaisante que nous offre le jeu. Lorsqu’il y a des ennemis en face de Jin, la musique, à son rythme, va accélérer pour faire ressentir le danger. C’est ce que nous retrouvons dans les jeux de manière générale. Seulement, lorsque nous rentrons dans une confrontation, dans un duel de sabre, la musique va mettre une tension palpable au joueur. C’est grâce à toutes ces ambiances que la bande originale du jeu se démarque.

Crédits photo : Ghost of Tsushima

Un jeu qui ne réinvente pas la formule

On a pu le voir à travers l’article, Ghost of Tsushima est un bon jeu. Malgré ses faiblesses, il se repose tout de même sur des bases ayant déjà fait leurs preuves. C’est un très bon jeu de fin de génération de consoles qui saura plaire à tous les joueurs. On y trouve de beaux décors, de belles musiques et une belle aventure. Ghost of Tsushima est aussi un bon bagage intellectuel pour en apprendre plus sur l’histoire du Japon. De ce fait, on peut dire que c’est un jeu réussi. En explorant l’île, en écoutant la nature, en combattant, on en oublie les défauts de l’histoire. De plus, le mode photo est très complet et permet de créer de belles oeuvres. On pourrait y passer des heures. Il n’y a donc pas forcément besoin d’une bonne histoire pour faire un bon jeu.

Disponible depuis le 17 juillet 2020 en exclusivité sur Playstation 4, l’équipe de Nouvelle Vue vous conseille vivement de visiter l’île de Tsushima.

Si la véritable histoire de l’invasion mongole sur l’île de Tsushima vous intéresse, Nouvelle Vue vous conseille cette vidéo.

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