Journée mondiale de l’eau 2020 : l’eau et le changement climatique, 3 enjeux majeurs8 min read

Journée mondiale de l’eau 2020 : l’eau et le changement climatique, 3 enjeux majeurs8 min read

#JournéeMondialeDeL’Eau

Chaque 22 mars depuis 1993, nous célébrons la Journée mondiale de l’eau. Instaurée par les Nations Unies, elle met l’accent sur l’importance de l’eau douce et a pour objectif de sensibiliser sur la situation mondiale de l’eau :

  • Aujourd’hui, 1 personne sur 3 – soit 2,2 milliards d’êtres humains – n’a pas accès à de l’eau salubre ;
  • D’ici à 2050, jusqu’à 5,7 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones en pénurie d’eau au moins un mois par an ;
  • En limitant le réchauffement planétaire à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, nous pourrions réduire jusqu’à 50 % le stress hydrique induit par le climat ;
  • Les phénomènes météorologiques extrêmes ont causé plus de 90 % des catastrophes majeures au cours de la dernière décennie ;
  • D’ici à 2040, la demande mondiale d’eau devrait augmenter de plus de 50 %.

Chaque année, les Nations Unies publient un rapport scientifique qui a pour objectif d’aider les politiciens à élaborer leurs politiques environnementales. Cette année, le thème est « l’eau et le changement climatique ».

Le rapport 2020 est disponible ici.

Mais quels sont les enjeux alliant eau et changement climatique que nous allons tous affronter demain ?

1. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles.

Les sécheresses et inondations sont des aléas naturels à évolution lente qui peuvent durer de quelques mois à plusieurs décennies et toucher des étendues plus ou moins importantes, qu’il s’agisse de petits bassins versants ou de surfaces de centaines de milliers de kilomètres carrés. Elles ont des effets directs sur les ressources en eau évidemment, mais aussi sur l’agriculture, les écosystèmes. Une sécheresse peut provoquer un incendie ou des canicules particulièrement dangereuses pour la population. Par ailleurs, elles favorisent la prolifération d’espèces envahissantes et aggravent la vulnérabilité des sociétés. Enfin, inondations et sécheresses peuvent entraîner à l’échelle globale une insécurité alimentaire, causant elle-même migrations et conflits.

Nous savons aujourd’hui que l’Homme a son rôle dans l’amplification de la gravité et des impacts de sécheresses et d’inondations : par le changement climatique dont nous sommes majoritairement responsables et par notre gestion de la circulation de l’eau. En effet, l’agriculture, le détournement des cours d’eau, les barrages ; toutes ces actions ont parfois de graves conséquences.

Que devons-nous faire ? La réponse n’est pas simple et ce n’est pas moi qui peux vous la donner. Toutefois, il n’est pas difficile de comprendre que nous allons faire deux choses : nous adapter et tenter de réduire les impacts (cela s’appelle la mitigation ou atténuation). Pour mitiger les impacts des catastrophes naturelles, nous allons devoir changer notre mode d’action. Nous devons changer nos pratiques agricoles et de consommation. Pour nous adapter, nul doute que nous devrons procéder à des rénovations et modernisations de nos infrastructures pour protéger les zones inondables et assumer les périodes de sécheresse.

2. L’injustice des territoires et la vague de réfugiés climatiques

Les changements environnementaux sont devenus l’un des principaux facteurs, sinon le principal, de migrations et déplacements de population dans le monde. Selon les estimations de l’ONU, 250 millions de personnes seront, d’ici 2050, forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat. Evidemment, les migrations climatiques ne datent pas d’hier. Seulement, les migrations liées au changement climatique (85% des cas) sont une première !

En effet, certaines terres deviennent inhabitables : terres qui s’érodent, terres inondées qui disparaissent sous la mer, terres où il est impossible de cultiver de la nourriture par manque d’eau potable. On le voit, l’eau et le changement climatique sont là encore une fois liés. D’ailleurs, sur l’ensemble des populations déplacées pour des raisons environnementales, « 55 % fuiraient des inondations et 29 % des tempêtes ».

Trois régions du monde sont touchées par le problème :

  • L’Afrique subsaharienne avec les sécheresses et la dégradation des sols. Sachant que, dans cette région, plus de la moitié de la population dépend de l’agriculture, la catastrophe s’annonce difficile à gérer ;
  • L’Asie du Sud et du Sud-Est est, elle, touchée par les typhons et tempêtes. Dans cette région la plus peuplée au monde, les rendements agricoles pourraient y chuter de 30% d’ici 2050 ;
  • Troisièmement, les petits États dont la montée du niveau des mers menace l’existence même. Nous parlons ici essentiellement des îles du Pacifique : Polynésie, Maldives, îles Marshall. Parmi les 7000 îles des Philippines, nul doute que certaines seront touchées également, tout comme la Malaisie.

Que constate-t-on ? Que, globalement, les premières victimes sont les populations les plus vulnérables du globe. La vague de migration climatique s’annonce difficile à gérer pour les États du Nord, surtout lorsque l’on voit qu’ils ont déjà du mal à gérer la vague de migration actuelle. L’Union Européenne a intérêt à s’accrocher !

3. Instabilité politique : les conflits géopolitiques liés à l’eau

Bien sûr ! Quel problème mondial ne déclenche pas un conflit ? L’eau douce, contre toute attente, est un enjeu géopolitique majeur, on l’appelle l’or bleu. Vitale, elle tend pourtant à se faire rare dans certaines régions du monde. Lorsqu’une denrée se fait rare, elle tend à déclencher le conflit. C’est un peu le même principe en ce moment avec les gens qui se battent au supermarché pour du papier toilette. Un produit si basique que nous n’y pensons pas plus que ça peut devenir source de dispute. Plus on a peur de la pénurie, plus les frictions s’intensifient.

D’après les estimations, la consommation d’eau douce mondiale a augmenté d’environ 1 % par an entre 1987 et 2015. Alors que la population mondiale augmente, l’écoulement d’eau douce n’arrive pas à suivre.

On entend souvent dire que les conflits géopolitiques liés à l’eau sont centrés au Moyen-Orient. C’est vrai, mais seulement en partie parce que finalement, l’eau concerne tout le monde. Par exemple, la frontière entre les Etats-Unis et le Canada (région des Grands Lacs) ainsi que la frontière Etats-Unis/Mexique (Rivière du Colorado) sont concernées, chaque État voulant « garder » le contrôle sur l’eau. D’ailleurs, cette rivière Colorado provoque des conflits internes aux Etats-Unis : effectivement, les Amérindiens sont les premières victimes des détournements et des barrages d’eau.

Selon l’Unesco, « les pénuries et les problèmes d’accès à l’eau sont susceptibles de limiter la croissance économique ». Doit-on mettre un prix sur l’eau ? Cela permettrait en théorie d’en assurer la conservation et faciliterait le développement et l’entretien des infrastructures, donnant ainsi un accès à l’eau à une grande proportion de l’humanité. Dans une vision utopique, cela faciliterait les échanges entre pays se partageant des ressources communes, en vue d’une meilleure exploitation et d’une régulation de cette source de richesse. Mais cela est bien trop positif ! En réalité, l’eau deviendrait plutôt une arme de guerre… Quoi de plus simple que de tuer un peuple en le privant de son besoin premier ?

L’adoption en 1977 de deux Protocoles, supplémentaires aux Conventions de Genève, incluent des termes directement liés à l’eau :

Il est depuis interdit quel que soit le motif, d’attaquer, de détruire, d’enlever des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation.
Il est interdit d’attaquer les ouvrages d’art ou installations contenant des forces dangereuses, à savoir les barrages, les digues et les centrales nucléaires de production, d’énergie électrique.

Le problème : tous les états n’ont pas ratifié ces protocoles, dont … les Etats-Unis. Par ailleurs, le terrorisme et les conflits internes ne relèvent pas du droit international humanitaire et ne peuvent être concernés par les Protocoles. Encore une fois, la situation est complexe et nous ne pouvons savoir ce qu’il adviendra dans le futur.

Et voilà, nous avons fait le tour de 3 enjeux majeurs concernant l’eau et le réchauffement climatique. Certes, tout n’est pas très réjouissant, mais le monde progresse et tente de s’adapter ! Pour un peu de positif, n’hésitez pas à lire notre article 10 gestes pour préserver et économiser l’eau au quotidien.

A bientôt et bonne #JournéeMondialeDeL’Eau !

Petite animation des Nations Unies (en anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=7psS8bxJqkU&feature=youtu.be

Sources:

http://www.zakweli.com/journee-mondiale-de-leau-theme-objectif-et-activites/

https://www.humanite.fr/refugies-climatiques-la-crise-du-siecle-626101

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-dossier-eau-source-conflits-monde-63054/

https://www.un.org/fr/observances/water-day

https://fr.unesco.org/themes/securite-lapprovisionnement-eau

https://fr.unesco.org/news/secheresses-lanthropocene-impacts-solutions

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