Les leçons de Bayern-Gladbach7 min read

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Lors de la phase aller, le Bayern s’était incliné 2-1 sur la pelouse du Borussia M’Gladbach, se retrouvant alors relégué à 7 longueurs des Poulains.

En cette fin de saison, la situation a bien changé, et en prenant sa revanche hier soir, le RekordMeister a fait un pas supplémentaire vers un titre qui lui tend les bras.

Pourtant, ce fut un succès particulièrement délicat à aller chercher pour les munichois, privés de plusieurs éléments. Mais en s’imposant sans convaincre, les hommes d’Hansi Flick ont montré qu’ils ont une sacrée marge de sécurité cette saison.

La composition du Bayern.
La composition de Gladbach.

Deux équipes en manque de repères

C’est sans leurs buteurs respectifs que se présentaient les deux formations pour ce TopSpiel, Robert Lewandowski et Alassane Pléa étant tous deux suspendus.

Du côté des champions en titre, deux autres atouts essentiels manquaient à l’appel, à savoir Thomas Müller et Thiago Alcantara. Leurs absences se sont clairement faites ressentir, le Bayern se montrant bien moins inspiré offensivement.

Mickaël Cuisance et Joshua Zirkzee ont beau être deux jeunes joueurs talentueux, impossible pour eux de faire oublier sur ce match le tandem si efficace que constituent le polonais et l’allemand en temps normal.

Si le second a encore gonflé ses statistiques assez remarquables comparativement au temps de jeu dont il a bénéficié (4 buts déjà), il s’est montré assez limité dans son jeu dos au but, ralentissant trop souvent les mouvements de son équipe. Le français, qui retrouvait lui son ancien club, a fait preuve d’un bon état d’esprit mais de précipitation dans le dernier geste, en témoignent ses deux occasions non cadrées.

C’est donc un Bayern chancelant qui a arraché les trois points, au cours d’un match pas tellement maîtrisé. La première période a été très délicate pour le tenant du titre, malmené, et qui a d’ailleurs cru encaisser le premier but, décision sur laquelle est revenue la VAR.

Le mérite revient également aux Poulains de Gladbach, qui se présentaient pourtant eux-aussi affaiblis avant le coup d’envoi, privés d’Alassane Pléa. Et, quelques minutes plus tard, c’est son compatriote Marcus Thuram qui a dû céder sa place pour cause de blessure.

Dominateurs, les hommes de Marco Rose ont payé une très mauvaise relance de leur gardien, Yann Sommer, parfaitement exploitée par Zirkzee.

Malgré cette ouverture du score contre le cours du jeu, les visiteurs se sont remobilisés, et leur efficacité dans les transitions défense-attaque a fini par porter ses fruits. Le bon pressing imposé par les milieux des Poulains a empêché le tandem Kimmich-Goretzka de dicter le tempo de la rencontre, le numéro 32 des Rouges se montrant beaucoup moins serein qu’à son habitude.

Symbole fort de la première mi-temps brouillonne des Bavarois : leur pourcentage de possession, inférieur à 50%, un phénomène assez rare à l’Allianz Arena pour être souligné.

Savoir gagner sans convaincre

Les supporters bavarois seront sûrement cléments avec leur équipe qui, à défaut d’afficher son meilleur visage hier soir, s’en est tout de même tirée avec les trois points.

A vrai dire, ce scénario était assez prévisible, tant au vu des absents que de la prestation en demi-teinte proposée par le RekordMeister en milieu de semaine face à Francfort (2-1).

Le Bayern se positionnant comme un sérieux prétendant au triplé, il est impératif pour le club allemand d’être en mesure de remporter ce genre de matchs disputés, avec un onze moins solide, afin de garder le cap.

Il faut souligner ici le travail d’adaptation consenti par Hansi Flick, qui avait visiblement conscience avant même le coup d’envoi que son équipe ne serait pas à 100% de ses capacités dans le jeu.

Cela explique donc pourquoi les bavarois ont pressé moins haut qu’à l’accoutumée, laissant davantage venir les Poulains. Les deux buts inscrits par les hôtes ne sont d’ailleurs pas le fruit d’attaques construites.

La 10ème victoire consécutive des bavarois en championnat est ainsi surtout le fruit d’une certaine forme d’humilité d’un effectif qui, conscient de ne pas disposer de toutes ses forces, a adapté son jeu afin de ne pas déjouer.

Gladbach : de beaux signes d’espoir, mais un effectif à renforcer

Malgré leur performance aboutie, les Poulains sont pour le moment les grands perdants de cette 31ème journée de Bundesliga.

Alors que leurs concurrents à la Ligue des Champions (Leipzig et Dortmund) se sont imposés, les voilà désormais sous la menace du Bayer Leverkusen, qui se déplace ce soir chez une équipe de Schalke en pleine crise de résultats. Un match nul suffirait aux troupes de Peter Bosz pour écarter le Borussia d’une place qualificative en C1.

Car le problème est là : après un début de saison tonitruant, les joueurs de Marco Rose sont quelque peu rentrés dans le rang, se montrant bien moins réguliers depuis la reprise. Sévèrement battus par cette même équipe de Leverkusen il y a quelques semaines, c’est face à Fribourg lors de la précédente journée que les Poulains se sont cassés les dents (défaite 1-0), malgré une nette domination.

Si les qualités de Marco Rose et de son staff ne sont plus à démontrer, elles se heurtent néanmoins à un effectif assez limité, surtout dans le secteur offensif. Alassane Pléa et Marcus Thuram ont trop souvent tenu seuls l’édifice offensif cette saison.

Le style de jeu vertical et direct prôné par l’ancien technicien du RB Salzbourg pourrait briller encore davantage avec des éléments offensifs plus incisifs balle au pied, et meilleurs dans les déplacements entre les lignes.

Car si l’on met de côté les deux attaquants français, pas évident d’identifier ce genre de profil dans le reste de l’effectif. Lars Stindl a beau être un joueur intelligent, son apport reste très limité. Embolo et Herrmann, eux, n’ont pas la capacité de percussion d’un Sabitzer ou d’un Diaby, pour comparer aux deux autres concurrents à la Champions League.

Cela dit, le nouveau cycle du Borussia M’gladbach n’en est qu’à ses débuts, et un mercato estival intelligent pourrait laisser augurer de belles perspectives avec l’idéologie de jeu prônée par Marco Rose et son staff.

Cependant, pour attirer des joueurs de grande classe, les Poulains auraient fort intérêt à aller chercher une place qualificative en Ligue des Champions, alors qu’il ne reste plus que trois journées et que leur destin n’est désormais plus entre leurs mains.


Crédits photo de couverture : Manuel Hoster – Unsplash

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