Les leçons tactiques de Gladbach-Leverkusen5 min read

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Sur sa lancée, le Bayer Leverkusen a signé la très bonne opération du samedi après-midi en s’imposant sur la pelouse d’un concurrent direct dans la course à la Ligue des Champions : le Borussia Mönchengladbach.

Surtout, les hommes de Peter Bosz, en pleine bourre sur cette seconde de partie de saison malgré l’interruption du championnat, ont dominé leur sujet avec la manière. Décryptage d’une performance aboutie.

Composition BMG
Composition B04

Un front offensif supérieur dans le camp du Bayer

Lundi dernier, c’était le Werder Brême qui avait fait les frais de l’armada offensive de Leverkusen, s’inclinant lourdement 4-1 à domicile.

Gladbach a beau ne pas lutter pour le maintien, la sentence a pratiquement été la même pour les Poulains, dépassés par le quatuor Demirbay-Bellarabi-Diaby-Havertz.

Dans les duels en un contre un, tout d’abord, ces derniers se sont montrés quasiment intraitables : Diaby par sa vitesse, Demirbay par sa technique, et Havertz par son sens du placement.

A l’inverse, les pions offensifs des hôtes se sont montrés particulièrement discrets, incapables de faire la différence dans les duels. Malgré son but, Marcus Thuram a signé une performance très moyenne, malmené par le solide Tapsoba. Son compatriote, Alassane Pléa, ne peut guère dire mieux.

Au final, c’est avant tout la complémentarité de l’armada offensive du Bayer qui a fait la différence. Les profils de ces quatre joueurs précédemment cités sont très différents, et aussi très complets, de quoi satisfaire les ambitions de Peter Bosz dans le jeu. Et pourtant, ni Kevin Volland, ni Leon Bailey n’étaient titulaires au coup d’envoi du match, ce qui en dit long sur la richesse d’un effectif qui ne se cache plus dans la lutte pour la Ligue des Champions.

Le Bayer a remporté la bataille du mouvement

Cette confrontation était particulièrement attendue car elle opposait deux équipes joueuses, modernes dans leur approche du jeu, et très flexibles tactiquement.

Mais, sur ce match, seul Leverkusen s’est réellement montré à la hauteur de sa réputation, à l’image d’un premier acte lors duquel les visiteurs ont récité leurs gammes avec brio.

Le contre-pressing des joueurs de Gladbach, pourtant l’une de leurs armes de prédilection, a été anéanti par l’animation proposée par leurs adversaires. Très proches les uns des autres dans la construction du jeu, avec les axiaux offensifs (Havertz, Demirbay et Aranguiz) se rapprochant de leur arrière-garde sur les phases de transition offensive, les hommes de Peter Bosz ont rendu la tâche impossible aux défenseurs adverses.

Animation du Bayer sur les transitions offensives

En effet, les Poulains ont constamment eu un temps de retard sur leurs vis-à-vis dans le pressing, libérant ainsi des couloirs aux ailiers de Leverkusen, pour le plus grand plaisir de Moussa Diaby.

Parallèlement, il ne sont pas parvenus à prendre de vitesse les visiteurs lorsqu’ils ont eu le ballon. En avant-match, Marco Rose avait mis l’accent sur l’importance d’avoir le ballon sur cette rencontre, mais l’usage de ce dernier n’a pas été convaincant. Trop prévisibles, ses joueurs ont dû faire face à une charnière centrale adverse très dense (Bender venant s’ajouter à Tapsoba et Dragovic), les obligeant à étirer davantage le jeu. Conséquence : les Poulains se sont retrouvés trop espacés les uns des autres, et leurs phases de possession n’en ont été que plus stériles.

En seconde période, il y a eu du mieux, le staff ayant visiblement insisté sur la nécessité d’adopter un jeu plus direct, à base de ballons aériens au-dessus de la charnière centrale du Bayer, moins à l’aise dans ce registre. Les visiteurs ont cependant globalement toujours gardé le contrôle de la rencontre.

Le facteur X : Kai Havertz

Ses statistiques sont de plus en plus impressionnantes au fil des rencontres (il en est désormais à 14 buts et 8 passes décisives T.C.C.), mais il faut regarder plus loin : c’est surtout son apport dans le jeu qui est considérable.

De nouveau positionné dans un rôle de faux numéro 9 en raison de l’absence de Kevin Volland, il a encore une fois prouvé qu’il était la pièce maîtresse du projet de jeu de son entraîneur.

Sur les phases de transitions rapides proposées par son équipe, il s’est souvent rapproché du tandem Aranguiz-Demirbay afin de profiter des espaces du No Man’s Land et ainsi attirer dans son dos l’arrière-garde des Poulains, libérant ainsi les couloirs pour Diaby et Bellarabi.

Surtout, c’est sa qualité d’électron libre qui confirme son talent de futur grand du football allemand. Très polyvalent, il ne propose jamais le même appel, brouillant systématiquement les pistes. Son sens du jeu et du placement est remarquable, et contrôler ses déplacements est un vrai calvaire pour ses adversaires.

De plus, il se montre particulièrement efficace devant le but depuis plusieurs matchs maintenant, en témoigne ce nouveau doublé aujourd’hui. Ces statistiques viennent presque effacer le considérable travail de l’ombre qu’il abat pour ses partenaires, et on pourrait oser la comparaison avec un profil unique en Allemagne : Thomas Müller.

Cela tombe bien, puisque le nom de Kai Havertz est annoncé avec insistance en Bavière depuis plusieurs mois maintenant. La crise du coronavirus ayant quelque peu chamboulé les investissements des clubs, le joyau de Leverkusen pourrait rejoindre les rangs du Rekordmeister à l’été 2021.

Le moment idéal pour assurer la relève de Thomas Müller ?


Crédits photo de couverture : Marco Verch – FlickrAttribution 2.0 Generic (CC BY 2.0)

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