Mrs America : quand une femme défend l’inégalité femme-homme4 min read

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Mrs. America est une mini-série de Dahvi Waller, inspirée de faits réels, diffusée depuis le 16 avril.

Elle raconte comment Phyllis Schlafly, femme politique américaine conservatrice et femme au foyer, devient dans les années 70 leader des antiféministes.

Elle milite avec ferveur contre la ratification de l’ERA (Equal Right Amendment), l’amendement qui vise à inscrire l’égalité des sexes dans la constitution américaine et ainsi prohiber toute discrimination fondée sur le sexe.

“I am not against women but what I am against is the women’s liberation movement.”

Des femmes qui se battent contre l’égalité femme-homme

Si cela peut paraître incroyable, le mouvement STOP (Stop Taking Our Privileges) ERA mené de front par Phyllis Schlafly a bel et bien existé. De nombreuses femmes l’ont rallié et se sont opposées avec ferveur contre l’idée même d’une égalité femme-homme.

Les antiféministes défendaient bec et ongles un idéal féminin stéréotypé : la femme au foyer. Elles se battent pour maintenir l’importance de l’institution du mariage et du rôle de la famille dans le schéma de la famille traditionnelle des années 50.

Chaque sexe a un rôle déterminé depuis des années et il ne faut surtout pas le bousculer : la femme s’occupe du foyer et des enfants et l’homme subvient à leurs besoins.

©Phyllis Schlafly dans Mrs. America

Pourtant, le personnage de Phyllis Schlafly est extrêmement ambivalent. D’une part, elle se targue d’être contre l’émancipation de la femme, destinée à s’ancrer dans son foyer, et, d’autre part, elle est une femme politique médiatisée et militante.

Phyllis Schlafly est donc très loin de se cantonner au rôle d’épouse et de mère… Elle mène également une vie professionnelle ambitieuse qui l’épanouit et qui l’éloigne de son role-model, qu’elle défend envers et contre tout.

Immersion au sein du mouvement féministe américain

Tout au long de la série, on découvre également le mouvement féministe américain des années 70.

Il a d’abord émergé avec Betty Friedan qui a dénoncé dans son ouvrage le profond désarroi de certaines femmes au foyer, frustrées et malheureuses, cantonnées à une vie à laquelle elles n’aspiraient pas.

©Betty Friedan dans Mrs. America

Apparait évidemment Gloria Steinem, icône féministe que l’on ne présente plus, qui a notamment co-créé avec la militante afro-américaine Dorothy Pitman Hughes le magazine féministe Ms.

Le mouvement féministe prend de l’ampleur. Il devient de plus en plus visible et bouscule les idéaux.

La série met réellement en lumière les échanges, les discordes entre les militantes, leurs idées politiques et sociales.

Surtout, elle démontre à quel point il est peu aisé pour les féministes d’avoir un réel poids politique et de lutter efficacement contre le patriarcat – toutes les femmes ne sont pas leurs alliées…

©Gloria Steinem dans Mrs. America

Mrs. America est donc une série qui met en lumière deux mouvements menés par des femmes qui ont choisi leur camp.

Cette immersion dans les années 70 est passionnante et très enrichissante tant elle livre des clés de compréhension et d’explication sur la société telle qu’elle est aujourd’hui.

On le sait, aucune émancipation de la femme – aussi minime soit-elle – ne se gagne aisément. Chaque évolution sous-tend une lutte de tous les instants.

Où en est l’ERA aujourd’hui ?

Après l’espoir des années 70 pour l’ERA, cet amendement est resté lettre morte depuis 1982 en raison du militantisme acharné des antiféministes.

Il n’a donc pas été ratifié et ne figure pas dans la Constitution américaine.

Cela fait donc plus de quarante ans que les femmes se battent pour cet amendement.

L’ERA est revenu sur le devant de la scène car en janvier 2020, l’État de Virginie l’a ratifié et il était le dernier État nécessaire à la ratification de cet amendement.

Pourtant, l’ERA ne fait toujours pas partie du paysage constitutionnel. Une bataille judiciaire est née à la suite de la ratification de la Virginie : les dates limites auraient été dépassées et cinq États l’ont révoqué depuis leur vote. En réalité, on est bien loin d’une égalité constitutionnelle des sexes… Le chemin est encore long.

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