OBJECTIF AOÛT – Bayer Leverkusen : un titre par le jeu ?7 min read

OBJECTIF AOÛT – Bayer Leverkusen : un titre par le jeu ?7 min read

Crédits photo de couverture : Pixabay


Avec le VFL Wolfsburg et l’Eintracht Francfort (voir article précédent), le Bayer Leverkusen est le troisième et dernier club allemand encore engagé en Europa League.

Contrairement aux deux autres équipes, les hommes de Peter Bosz se présenteront en ballottage favorable le 6 août prochain, au moment d’accueillir les Glasgow Rangers, qu’ils avaient vaincus 3-1 à l’aller.

Si la logique est respectée, le Bayer pourrait retrouver l’Inter Milan ou Getafe en quarts de finale. Avec pour avantage de disputer cette éventuelle confrontation en Allemagne, puisque l’intégralité de la C3 se déroulera outre-Rhin à compter des quarts de finale.

Si Manchester United et l’Inter Milan font office de favoris, les coéquipiers de Kai Havertz figurent comme un sacré outsider, dans une compétition dont le trophée échappe aux clubs allemands depuis 1997, et un succès de Schalke 04.

Avec Bosz, l’intensité est la clé du succès

Des quatre poursuivants du Bayern Munich lors du sprint final, le Bayer Leverkusen était sans aucun doute l’équipe la plus joueuse.

C’est dire, sachant que le BVB, Leipzig et Gladbach sont également réputés pour leur ambition dans le jeu.

Mais voilà, la formation de Peter Bosz se distingue par son pressing de tous les instants, qui a fait si mal aux défenses de Bundesliga tout au long de la saison.

Fidèle à sa philosophie, l’ancien coach de l’Ajax Amsterdam et du BVB n’a pas hésité à innover dans le secteur offensif, positionnant Kai Havertz dans un rôle de faux numéro 9 à plusieurs reprises à la suite du déconfinement.

Le bloc est positionné assez haut sur le terrain, afin de déclencher un contre-pressing immédiat à la perte du ballon.

Par ailleurs, l’effectif a optimisé sa flexibilité tactique, évoluant parfois à 3 derrière sur les phases de construction avant de revenir à une défense à 4 à la perte du ballon.

Schéma B04
Exemple d’animation avec ballon du Bayer Leverkusen

Cette polyvalence travaillée par les joueurs et le staff rend la formation allemande imprévisible, elle qui avait été repêchée de Ligue des Champions après avoir terminé à la troisième place de son groupe (derrière l’Atletico et la Juventus).

Attention au manque de pragmatisme

Le revers de la médaille de la philosophie ambitieuse proposée par Peter Bosz, c’est qu’au moindre défaut de concentration, la sentence peut se révéler irrévocable.

En effet, le positionnement conquérant du bloc sur le terrain offre des opportunités de contre à l’adversaire, d’autant plus que les deux pistons sont très souvent placés haut sur les ailes lorsque le Bayer a le ballon.

Pour pallier à ce danger, l’ancien coach de l’Ajax a mis en place une tactique aussi osée que fidèle à ses convictions : le piège du hors-jeu.

A vrai dire, cette approche est plutôt logique au vu des caractéristiques de l’équipe, précédemment évoquées. L’intensité du pressing et du contre-pressing étant déjà particulièrement élevée, il serait inimaginable de demander aux joueurs de constamment répéter les courses défensives en cas de progression adverse vers les cages de Lukas Hradecky.

En optant pour le piège du hors-jeu, Peter Bosz offre une alternative complémentaire à son plan de jeu, qui évite de fatiguer encore davantage ses joueurs.

Aussi ingénieuse soit-elle, cette stratégie se révèle également très risquée, puisqu’elle demande une concentration et une coordination maximale de l’arrière garde. Les défenseurs doivent avancer dans le même tempo afin de piéger l’attaquant adverse, ce qui nécessite au préalable une analyse parfaite de l’intention de jeu du porteur de balle : à quel moment compte-t-il effectuer sa passe ?

Face au Bayern Munich, lors de la défaite 4-2 concédée le 6 juin dernier, les hommes de Peter Bosz avaient vu leur stratégie neutralisée par l’imprévisibilité des Bavarois, qui avaient insisté sur les ballons dans le dos de la défense.

Incertitudes autour de l’avenir de certains cadres

Comme nous l’avions rappelé dans le premier volet de notre rubrique, c’est dans un contexte exceptionnel que l’ensemble des équipes encore engagées en Coupe d’Europe s’apprêtent à en disputer le dénouement.

Bien que les mercatos nationaux aient pour la plupart été élargis afin d’accorder davantage de possibilités aux clubs, il n’en reste pas moins que les discussions ont déjà commencé, en témoignent les nombreuses rumeurs qui circulent.

Le Bayer Leverkusen, en grande forme après le déconfinement, a inévitablement tapé dans l’œil de certains recruteurs, d’autant plus que la Bundesliga était le premier des cinq grands championnats à reprendre.

Le joueur au centre de l’attention est évidemment le jeune prodige Kai Havertz, qui affole le marché des transferts. Un temps annoncé au Bayern, la piste s’est sérieusement refroidie, le Rekordmeister préférant patienter encore un an avant de l’enrôler.

Dernièrement, c’est surtout l’intérêt de Chelsea qui se serait prononcé, mais la direction de Leverkusen demande un montant particulièrement élevé pour libérer sa star, autour des 100 millions d’euros. Un chiffre ô combien exorbitant au vu des circonstances économiques actuelles.

Si le joueur assure être pleinement concentré sur ses objectifs avec son club, il ne faut pas s’y méprendre : de tels flottements sur le marché des transferts peuvent facilement détourner l’attention, et ses performances seront à scruter de près dès le 6 août prochain.

Havertz
Crédits photo : Marco Verch – Flickr Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0)

Autre incertitude : l’avenir de Kevin Volland. Auteur de 10 réalisations en Bundesliga cette saison, l’ancien du TSG Hoffenheim voit son contrat expirer en 2021. Pour le moment, rien n’a été annoncé concernant une éventuelle prolongation de contrat, sans laquelle le Bayer pourrait être amené à vendre son attaquant dès cet été.

La dernière rumeur assez déstabilisante pour le club a émané de deux médias néerlandais. De Telegraaf et Voetbal International ont mentionné dans leurs colonnes un intérêt du club allemand pour le portier de l’Ajax Amsterdam, Andre Onana.

Dans la foulée, les instances dirigeantes ont formellement démenti cette information, réaffirmant leur soutien envers Lukáš Hrádecký, auteur de 10 clean-sheets en championnat cette saison.

Les hommes de Peter Bosz, plutôt inspirés depuis la reprise du football, se présenteront malgré tout comme un adversaire à ne pas prendre à la légère dans cette Europa League 2019-2020.

Ils auront à cœur de mettre la main sur un trophée qui leur ouvrirait les portes de la Ligue des Champions, une compétition qui leur a échappé de peu à l’issue de la dernière journée de Bundesliga.

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