Quel bilan pour les nouveaux visages français de la Bundesliga ?10 min read

Quel bilan pour les nouveaux visages français de la Bundesliga ?10 min read

La Bundesliga semble plus que jamais attirer les jeunes joueurs français. Cette saison, ils étaient 6 à avoir rejoint le championnat allemand. Retour sur les premières en Bundesliga de Lucas Hernandez, Christopher Nkunku, Marcus Thuram, Moussa Diaby, Jean-Clair Todibo et Ronaël Pierre-Gabriel.

Lucas Hernandez (Bayern Munich, 11 matchs, 0 but)

Malheureusement, on a plus entendu parler de Lucas Hernandez cette saison pour des raisons extra-sportives que pour ses prestations sur le terrain. Le défenseur international français qui avait signé cet été au Bayern Munich, pour une somme record avoisinant les 80 millions d’euros, s’est sévèrement blessé en octobre dernier et a depuis enchaîné les pépins physiques. Un transfert qui a fait parler en Allemagne, car le Bayern est plutôt connu pour critiquer les politiques dépensières des autres clubs européens à gros budgets, comme le Paris Saint-Germain, que de dépenser lui-même de grosses sommes. Le transfert est d’ailleurs le plus coûteux de l’histoire de la Bundesliga, ce qui a conduit à certaines critiques venant des médias allemands. Il n’est donc pas rare que Lucas Hernandez soit qualifié comme “l’homme valant 80 millions” dans les médias. 

Pour une somme pareille, on pouvait s’attendre à ce que l’international français devienne un titulaire incontournable de l’équipe de Hansi Flick. C’est raté car pile quand Hernandez commençait à bien revenir de ses blessures en février, la crise du coronavirus a fait son apparition en Europe.

Et ce n’est pas tout, son salaire a aussi été au centre de l’attention dernièrement. Kicker a dévoilé récemment que Lucas Hernandez toucherait le plus gros salaire du club avec 24 millions d’euros. A titre de comparaison, Lewandowski gagnerait lui entre 18 et 20 millions l’année. Une information toutefois démentie par Garcia Quilon, l’agent des Hernandez, mais qui n’a pas manqué de faire grincer des dents. Le club n’a en effet toujours pas prolongé Manuel Neuer, qui a vu sa demande d’augmentation salariale à 20 millions par an refusée. Kicker indiquait dans son article que Neuer avait demandé une telle somme en raison du salaire élevé de Hernandez. 

Néanmoins, les qualités de Lucas Hernandez ne sont plus à démontrer et on imagine bien le défenseur s’imposer prochainement comme un joueur clé d’une défense bavaroise qui cherche encore ses repères. Capable d’évoluer dans l’axe ou sur le côté gauche, il devrait apporter beaucoup de solidité à l’arrière-garde du Bayern. 

Christopher Nkunku (RB Leipzig, 23 matchs, 4 buts)

Christopher Nkunku était parti sur la pointe des pieds de son club formateur, le Paris Saint-Germain, l’été dernier, après avoir notamment raté l’ultime tir au but de la finale de la Coupe de France face au Stade Rennais. En froid avec sa direction et incapable de s’imposer sur le long terme, notamment barré par les multiples stars de l’effectif, Nkunku a signé cet été à Leipzig pour une somme avoisinant les 15 millions d’euros. 

Utilisé par Julian Nagelsmann comme milieu offensif excentré à gauche, Nkunku a su rapidement conquérir son monde. Seulement 4 minutes après son entrée en jeu pour son premier match en Bundesliga, les filets vibrent déjà. Bien servi par une tête de Sabitzer, Nkunku marque son premier but et ce, sur son premier ballon. On ne pouvait rêver mieux comme départ. Véritable couteau-suisse offensif, l’ex-joueur du PSG a déjà distribué 13 passes décisives en championnat pour sa première saison avec Lepizig. Dans l’histoire du club, seul Emil Forsberg a fait mieux à son arrivée en 2016-2017 avec 19 passes décisives.

A seulement 22 ans, Nkunku a déjà livré des prestations remarquables en Bundesliga. Le 22 février dernier, il réalise l’exploit de distribuer 4 passes décisives dans un même match. C’était sur la pelouse du Schalke 04 et Leipzig s’était imposé 5 à 0. Il est aussi l’auteur de plusieurs buts magnifiques comme face à Leverkusen, où il réalise un enchaînement exceptionnel. 

Le jeune français aime jouer en Bundesliga, un championnat “plus ouvert” dans lequel “toutes les équipes essayent de jouer”. “Tu as plus d’espaces et tu prends plus de plaisir à jouer au foot”, se confiait-il à France Football peu après son arrivée. L’ex-titi du PSG semble enfin confirmer les espoirs placés en lui, mais bien loin de la capitale française. 

Marcus Thuram (Borussia Mönchengladbach, 25 matchs, 6 buts) 

Il était l’une des révélations de la saison 2018-2019 de Ligue 1. Le jeune attaquant de l’En Avant Guingamp avait inscrit un total de 9 buts et bien que son équipe ait coulé collectivement, il s’était fait remarquer à titre individuel. L’été dernier, pourtant pisté par l’OM, Thuram décide de rejoindre l’Allemagne et s’engage pour 12 millions d’euros à Mönchengladbach. Et le fils de l’illustre défenseur Lilian Thuram n’a pas démenti non plus en Bundesliga. L’avant-centre a grandement participé à l’excellent début de saison des poulains. Aligné avec son compatriote français Alassane Pléa sur le front de l’attaque, avec lequel il s’est révélé très complémentaire, l’ex-guingampais a inscrit 6 buts en Bundesliga.

Et Thuram a bien choisi son match pour lancer sa saison. Alors que le Borussia est mené 1-0 sur sa pelouse dans le Rhein-Derby face à Düsseldorf, l’entraîneur Marco Rose fait rentrer l’ex-guingampais. En 13 minutes, l’attaquant retourne à lui seul la situation,  signe ses deux premiers buts en Bundesliga et offre la victoire à son club qui s’impose 2-1. Un doublé qui le propulse directement dans le coeur des supporters de Mönchengladbach.

Autre évènement marquant : son but à la dernière minute face à l’AS Roma en match de poule de l’Europa League. Mönchengladbach, alors tenu en échec sur le score de 1-1, réussit ainsi grâce à son jeune attaquant à remporter le match et à revenir dans la course pour la qualification en seizièmes de finale. Un premier but pour lui en compétition européenne qui a précédé sa traditionnelle célébration en Bundesliga : accrocher son maillot au poteau de corner. 

Son entraîneur, Marco Rose, dit être très satisfait de son attaquant. “Avec son potentiel athlétique, Marco est impressionnant. Il est capable de tenir le ballon, de créer des espaces pour ses coéquipiers. Et face au but, il est plein de sang-froid. […] Il est déjà plein de maturité“, l’encensait-il peu après ses grands débuts en Bundesliga. En une année, Thuram s’est donc vu propulser de la course au maintien en Ligue 1 à celle du titre en Bundesliga. Didier Deschamps avouait même en novembre dernier, suivre régulièrement les prestations du jeune attaquant. Mais devant un secteur offensif français extrêmement garni, il sera toutefois difficile de revoir prochainement un Thuram en équipe de France.

Moussa Diaby (Bayer Leverkusen, 19 matchs, 4 buts)

Comme Nkunku, lui aussi a choisi de quitter son club formateur, le Paris-Saint-Germain, l’été dernier, pour la Bundesliga. Un choix alors motivé par les conseils de Thomas Tuchel, qui voyait bien le jeune français réussir dans une équipe au jeu offensif probant comme le Bayer Leverkusen. Recruté pour 15 millions d’euros, Diaby est depuis devenu une pièce essentielle de l’animation offensive de Leverkusen. 

Après un début de saison timide, le petit ailier s’est maintenant bien intégré dans le collectif de Peter Bosz. L’entraîneur hollandais a mis du temps avant de lui accorder pleinement sa confiance, laissant l’ex-joueur du PSG s’adapter à son rythme. Mais depuis novembre, Diaby ne fait que de monter en puissance et est depuis le début d’année 2020 dans une forme étincelante. En janvier, il est même nominé pour être rookie du mois, aux côtés de Nkunku et Haaland. 

Si ses statistiques (21 matchs, 4 buts) ne sont pas encore impressionnantes, le jeune joueur de 20 ans a néanmoins un gros impact sur le jeu en apportant vitesse et technique. Il a même été flashé à 36 km/h cette saison ! Dans le vestiaire, il reste un joueur timide, qui a pris l’habitude de passer la plupart de son temps avec l’international allemand Jonathan Tah. “Mais si il continue à jouer comme ça, ça n’a pas d’importance”, en plaisantait le gardien international finlandais, Lukas Hradecky.

Jean-Clair Todibo (Schalke 04, 5 matchs, 0 but)

Son transfert avait fait beaucoup parler de lui. Après avoir disputé seulement 10 matchs en Ligue 1 avec Toulouse, le jeune défenseur central s’était envolé au FC Barcelone à l’hiver 2018. Un départ inattendu et prématuré qui ne lui a valu pour l’instant que de rares apparitions en Liga. En quête de temps de jeu, Todibo quitte le FC Barcelone et rejoint Schalke 04 en prêt lors du dernier mercato hivernal.

Les “Königsblaue” avaient notamment besoin de renforts afin de pallier les blessures de Salif Sané et Benjamin Stambouli, éléments essentiels de la défense. Devenu tout de suite un titulaire indiscutable, Todibo n’a joué que 5 matchs de Bundesliga mais a impressionné dans la Ruhr. Avec 67% de duels réussis et 90% de passes réussies, le jeune français s’est montré non seulement solide dans les un-contre-un mais aussi doté d’une excellente capacité de relance. Il est même élu “joueur du club du mois de février” par les supporters de Schalke. 

Mais l’option d’achat de 25 millions d’euros semble être trop chère pour les dirigeants de Schalke qui préfèreraient prolonger le prêt d’une année supplémentaire, compte tenu de la crise du coronavirus. Reste à savoir si le FC Barcelone serait d’accord pour laisser sa jeune pépite une année de plus en Bundesliga. 

Ronaël Pierre-Gabriel (Mayence, 8 matchs, 0 but)

Pierre-Gabriel débute sa carrière en Ligue 1 avec Saint-Etienne en 2015, à l’âge de 17 ans. Après avoir fait ses gammes dans le Forez, le petit prodige prend la direction de Monaco pour la saison 2018/2019. Mais dans un contexte sportif difficile, le jeune latéral droit ne trouve pas sa place dans l’effectif et les dirigeants monégasques décident alors de s’en séparer l’été dernier. Pierre-Gabriel n’est pas insensible à l’appel de la Bundesliga et signe un contrat de 5 ans à Mayence pour 5,5 millions d’euros.

Mais le défenseur n’a pas confirmé les attentes placées en lui cette saison et n’a disputé que très peu de matchs. Régulièrement barré par Philipp Mwene ou Jeremiah Saint-Juste, le latéral peine à s’imposer au sein du collectif allemand et les rares fois où il a été titularisé, l’équipe a sombré collectivement comme face au Bayern (6-1) ou encore à Leipzig (8-0). En 8 matchs disputés, l’ancien pensionnaire de Ligue 1 n’a connu qu’une seule victoire avec Mayence. Malgré la situation délicate du club, 15ème en championnat et à 4 points du premier relégable, Pierre-Gabriel devrait continuer son aventure avec Mayence, lui qui n’a pas encore pu démontrer tout son talent en Bundesliga.


Crédits photo de couverture : Manuel Hoster – Unsplash

Laisser un commentaire

Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez
Read previous post:
Books
Libres d’obéir : Le management du nazisme à aujourd’hui

À travers son dernier essai, Johann Chapoutot retrace le développement du management sous le régime nazi et sur son avenir...

Close