Recomercredi : Her, une façon comme une autre de remédier à la solitude…8 min read

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Dans un Los Angeles du futur proche, Theodore Twombly (Joaquin Phoenix), qui a du mal à se remettre de sa séparation avec la seule femme qu’il ait jamais aimé, va entretenir une relation avec son IA (Intelligence Artificielle). Voici dans les grandes lignes l’histoire du deuxième film dont nous allons parler pour ce recomercredi : Her, de Spike Jonze, sorti en 2013.

Très peu distribué à l’époque, le film avait raflé entre autres l’Oscar et le Golden Globe du meilleur scénario original. Cependant, cette oeuvre ô combien magnifique reste encore aujourd’hui beaucoup trop méconnue…

Et une chose est sûre, Her est le film parfait en cette période ! En effet, nous sommes tous confinés, privés de nos relations sociales et de nos rapports charnels. Le personnage de Théodore, à l’origine très seul, coupé de tout, dépasse cette solitude avec un logiciel… Her nous questionne sur nos rapports avec les nouvelles technologies, sur la frontière entre le réel, le palpable, et le virtuel.

Spike Jonze au sommet de son art

Le quatrième film de Spike Jonze est sûrement le moins “tiré par les cheveux” de sa carrière (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation, Max et les Maximonstres). Cependant, il n’en est pas moins unique et novateur, et c’est peut être même le plus abouti. Que ce soit dans le scénario ou dans la réalisation, Spike Jonze maîtrise de bout en bout son sujet.

Comme déjà évoqué, l’histoire prend place dans un Los Angeles du futur proche. Là où nous avons pu être habitués, au fil des années, à des films de science fiction projetant un futur anxiogène, avec des environnements très sombres, voir post-apocalyptiques (Blade Runner 2049, Ghost in the shell), Her brise totalement cet imaginaire. Au contraire, on découvre une société très proche de la notre, où le progrès technique n’a fait que rendre la vie plus confortable et où le consumérisme n’a fait que s’intensifier. Le choix de tourner dans la ville de Los Angeles et dans un quartier de Shanghai participe grandement à ce réalisme, le Los Angeles de Her est une ville hybride, futuriste mais actuelle. Le choix de la prise de vues réelles rajoute de la chaleur au film, on nous offre un genre de film “cocon“, avec des couleurs agréables, qui souligne cette notion de “confortable“.

Cependant, même si l’environnement peut être rassurant, on découvre aussi une société lissée, où les rapports sociaux ont du mal à voir le jour. La faute aux nouvelles technologies, avec lesquelles ne font plus qu’un les individus. Cet effet de ne faire plus qu’un avec la technologie passe par exemple par l’utilisation du selfie, comme avec cette scène magnifique à la fête foraine, que je vous laisserai découvrir par vous même…

Mais, et là est une des forces majeures du scénario, Spike Jonze ne se contente pas de critiquer nos rapports avec nos smartphones et l’importance que prennent les nouvelles technologies. Là où l’histoire aurait pu très vite devenir barbante et un peu dépassée (le virtuel fait désormais partie intégrante de notre société, c’est un fait), il n’en est rien. Au contraire, Her nous pousse dans nos retranchements éthiques et conceptuels, en nous questionnant sur la possibilité de cet amour entre un homme et son IA. On ne nous dit pas “l’intelligence artificielle c’est mal“, au contraire, on nous demande si nous serions capables de les accepter, comme nous avons par exemple dû accepter et intégrer dans notre société d’autres minorités au cours de l’Histoire. Au delà de ça, Her nous montre quelques pistes sur le comment, comment est-ce que cet amour serait possible.

Her est un film poétique, une belle histoire d’amour, imprégnée de nombreuses questions de société, déjà posées ou qui devront assurément l’être dans les années à venir.

Un casting à la hauteur du scénario

Et si l’on veut croire à cette histoire, si nous nous posons toutes ces questions, c’est en partie grâce au travail des acteurs. Si Spike Jonze a su nous livrer une histoire forte de sens et de beauté, c’est aussi parce qu’il a su sublimer ses acteurs, qui le lui ont bien rendu.

Parlons rapidement de Joaquin Phoenix d’abord. Aujourd’hui connu du grand public pour son rôle dans Joker, et forts de plusieurs grands ou très bons films (Gladiator, Les Freres Sisters), l’acteur a connu plusieurs étapes importantes dans sa carrière. Et Her est une de celles là. Avec Her, Spike Jonze a offert à Joaquin Phoenix l’opportunité de se réinventer, de se “dé-phoenixer“. Le personnage de Théodore est omniprésent à l’écran, il n’y a que lui, c’est un cadeau énorme pour un acteur. Et Joaquin s’en sort parfaitement bien, il est méconnaissable, émouvant, attachant, et prouve qu’il est un grand acteur.

Mais la performance la plus notable reste bien celle de Scarlett Johansson, avec tenez vous bien, zéro minute à l’écran… Si l’histoire est si forte et peut prendre sens, c’est car l’on croit en l’amour de Théodore et Samantha, qu’on a envie que ce dernier perdure. Et si l’on peut y croire, alors que Samantha n’existe même pas, c’est bel et bien grâce à la voix de Scarlett Johansson (et aux choix de réalisation). Est-ce que si cela avait été une autre actrice qui avait prêté sa voix au personnage de Samantha, une actrice moins connue, l’effet aurait été le même ? Nous ne pouvons pas répondre à cette question, mais ce qui est sûr, c’est que choisir cette dernière était sûrement l’une des meilleurs choses à faire. Pour la petite anecdote, Tarantino avait été jusqu’à déclarer que Scarlett Johansson méritait l’Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle…

Crédits photo : Vanity Fair

Avant de nous quitter, j’aimerais vous conseiller cette vidéo de Victor Bonnefoy, alias InThePanda. En effet, la semaine dernière je vous conseillais de voir La La Land… Mais sans vous en donner les moyens ! Même si la plupart des films dont nous parlons sont disponibles en VOD sur des plateformes connues de tous telles que My TF1, il peut vite être facile de se perdre. Dans cette vidéo, vous aurez le choix entre cinq plateformes de VOD et SVOD. Tout est bien expliqué, et cela vous permettra dans le même temps de découvrir de nouveaux films !

Sur ce, je vous souhaite un bon visionnage ! J’espère de tout cœur que vous ne vous sentez pas trop seul, et que vous apprécierez Her. N’oubliez pas, nous nous séparons pour mieux nous retrouver, et le plus important aujourd’hui est de prendre soin de nous, de nos proches, et bien évidemment, de nous cultiver !

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