The Last of Us Part. II : un jeu qui pousse les limites du bien et du mal6 min read

The Last of Us Part. II : un jeu qui pousse les limites du bien et du mal6 min read

Crédits photo de couverture : The Last of Us Part. II


The Last of Us Part. II est sorti il y a pratiquement un mois. La plupart des joueurs ont pu tester cette œuvre et chez Nouvelle Vue, l’aventure ne nous a pas laissés indifférents. En effet, le jeu nous pousse dans nos derniers retranchements et nous montre une vision poussée du concept de vengeance. Neil Druckmann, le directeur créatif du jeu, nous avertissait déjà durant le développement qu’il traiterait de ce sujet. Dans le premier opus, il nous montrait une vision de l’amour et des conséquences de la perte d’un être cher. De plus, le jeu pousse le manichéisme à son paroxysme jusqu’à le supprimer. On connaît alors un inversement des rôles très intéressant dont il sera question dans cet article. Attention, cet article spoile le jeu.

illustration in game
Crédits photo : The Last of Us Part. II

Est-ce bien ou est-ce mal ?

Nous retrouvons Ellie, 5 ans après les évènements du premier jeu, en quête de vengeance après le meurtre de Joel. Un meurtre qui attisera d’ailleurs la tristesse des joueurs puisque pour tuer un tel personnage, il fallait oser. Joel représente tout de même une génération entière de console. Naughty Dog n’y va d’ailleurs pas de main morte puisque la scène du meurtre est choquante et sanglante. Ellie part donc avec Dina à Seattle afin de poursuivre chaque personne responsable de cette mort tragique. À ce stade du jeu, l’histoire nous offre deux points de vue sur une durée de trois jours. Il y aura une première partie avec Ellie, puis une deuxième avec Abby, la supposée “méchante” de l’histoire. Et c’est justement avec le point de vue d’Abby que les développeurs nous offrent une nouvelle interprétation du manichéisme. C’est une conception du bien et du mal comme deux forces égales.

Durant les trois jours avec Ellie, nous voyons Abby comme une mauvaise personne qui tue pour le plaisir. Ellie va s’acharner avec une rage et une violence sans égale face aux amis de son ennemie. De ce fait, on voit une nouvelle Ellie avec une influence plus que visible de l’éducation de Joel. Elle est violente, sans pitié sauf pour les siens, et garde toujours en tête ses objectifs.

Lorsque nous vivons ces trois mêmes jours du point de vue d’Abby, quelque chose se passe. On découvre une femme gentille, qui agit de manière tempérée. En la jouant, on vit ses souvenirs, ses sentiments, on s’attache, et on comprend que ses actes sont justifiés. On subit d’ailleurs les meurtres d’Ellie du point de vue d’Abby, ce qui renforce l’attachement. On peut dire que cette partie du jeu est réussie puisqu’on perçoit Ellie comme une tueuse. Elle n’est plus la petite fille qui doit être protégée, mais bel et bien le danger qu’il faut éradiquer.

Une question de point de vue

À titre de comparaison, Abby sera toujours très mesurée et s’en tiendra au strict nécessaire. Elle agira avec réflexion et ne cherchera même plus à tuer Ellie qui s’en est prise à tous ses amis. L’héroïne, elle, répondra à toutes ses pulsions meurtrières même quand cela peut être évité. Elle cherchera par tous les moyens à se venger, jusqu’à abandonner sa propre famille. De ce point de vue-là, Ellie en devient presque la méchante de l’histoire et cela est volontaire. L’histoire du jeu offre deux points de vue pour que le joueur puisse prendre parti pour l’une ou l’autre. Il n’y a donc pas de véritable méchant de l’histoire, le bien et le mal deviennent alors deux concepts fragmentés. Ainsi, le manichéisme se jouant de nous au début de l’aventure disparaît aussitôt avec les différents points de vue.

Il est d’ailleurs intéressant de voir le souci du détail dans The Last of Us Part. II. D’un point de vue éducatif, Ellie grandit avec un survivaliste violent qui n’hésite pas à torturer. Abby, elle, se fait éduquer par un médecin qui cherchait un vaccin pour l’humanité. On voit alors d’un côté l’impulsivité brute face à la réflexion et la modération. Le jeu pousse donc les limites du bien et du mal lorsqu’on joue Abby qui renverse les tendances du méchant.

Des défauts discrets

En sachant tout ça, il y a des critiques qu’on peut accorder à ce jeu. La première est que les parties importantes de l’histoire du jeu sont mal positionnées. Certains joueurs (assez nombreux) ont pu sentir la partie d’Abby comme inintéressante, voire comme un calvaire. Elle représente au début du jeu une personne détestable qu’il faut tuer. De ce fait, passer environ dix heures de jeu avec elle peut paraître assez limite. Il aurait été plus judicieux de commencer par la phase des 3 jours à Seattle avec les 2 personnages. Ainsi, on aurait compris petit à petit avec des flash-backs pourquoi Ellie cherchait à tuer Abby.

La deuxième critique qu’on peut faire, c’est ce que les développeurs ne sont pas allés jusqu’au bout avec Ellie. Rien ne nous explique pourquoi à la fin de l’histoire sa méchanceté et ses désirs de vengeance s’étouffent. Et lorsqu’elle est enfin capable de tuer Abby, elle n’en fait rien. On peut voir cela comme une résolution, comme un nouveau départ. Ou bien, c’est une manière de garder Ellie du bon côté, ce qui conforte beaucoup de joueurs. Dans les deux cas, il y a quelque chose de frustrant puisqu’Ellie est celle qui perd le plus au final. Peut-être un moyen de montrer que se venger n’apporte que le pire.

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Crédits photo : The Last of Us Part. II

Le jeu nous montre une belle vision des tortures psychologiques, de la violence pure et dure. Il est une excellente expérience et nous fait vivre de nombreuses émotions au fil des jours. Disponible depuis le 19 juin 2020 exclusivement sur Playstation 4, on vous conseille vivement d’y jouer. Et vous, êtes-vous plutôt Team Ellie ou Team Abby ?

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