Un fils, drame d’une famille tunisienne4 min read

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Notre rédaction a été invitée à un visionnage presse du film. Nouvelle Vue appliquant la charte de Munich, nous nous engageons à ne recevoir aucune consigne directe ou indirecte lors de la rédaction de cet article. 

En septembre dernier, le long-métrage Un fils de Mehdi Barsaoui remportait le Prix du meilleur film dans la catégorie Orizzonti (« horizons ») au prestigieux festival Italien la Mostra de Venise. Ce film franco-tunisien raconte l’histoire tragique d’une famille tunisienne en plein printemps arabe.

Le synopsis

Eté 2011, Farès (Sami Bouajila) et Meriem (Najla Ben Abdallah) Ben Youssef entreprennent un voyage dans le sud du pays à Tataouine lorsque leur voiture se retrouve au milieu d’une attaque terroriste contre une patrouille militaire. Leur fils, Aziz (Youssef Khemiri), est gravement atteint par les balles et doit subir une greffe du foie pour survivre…

Affiche Un fils

La question de la parentalité

Cette question est de premier ordre dans Un fils. La séquence d’ouverture est d’ailleurs à cette image : Aziz, conduit la voiture sur les genoux de Farès. Cette scène nous plonge déjà au cœur de la complicité père-fils et annonce sans aucune prétention la suite des évènements.

Le film pose des questions tout à fait légitimes qui résonnent aussi bien en France en 2020 qu’en Tunisie en 2011 : comment définir un parent ? En quoi consiste la parentalité ?

Un drame familial en plein drame politique

2011 est une date charnière pour le Moyen-Orient. Sept mois après la révolution en Tunisie et la chute de Ben Ali, le pays est désemparé sur le plan politique autant que social ; d’autant que sa voisine la Libye s’apprête aussi à faire tomber son chef d’État, Kadhafi.

Le film ne parle pas directement de révolution et de guerre : on entend les bulletins d’informations à la radio et à la télévision, les familles se racontent les nouvelles, on observe les horreurs de la guerre en Libye ; mais tout cela reste au second plan. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les répercussions politiques et sociales sur la vie quotidienne des familles modernes de Tunisie.

Il est impossible de ne pas faire le lien entre la situation du pays et le long-métrage. Mehdi Barsaoui l’explique : « Quand Ben Ali est parti, tout semblait parfait au début. Mais lorsqu’on commence à gratter sur la surface, on découvre beaucoup de choses. C’est comme cette famille où tout est révélé en temps de crise ».

Effectivement, le couple est confronté à des dilemmes moraux de plus en plus complexes, à l’image de la société tunisienne toute entière.

La société libérale opposée à la religion ?

Dès les premières minutes, Un fils annonce l’arrivée des islamistes au pouvoir tunisien. L’Islam est très présent entre les « que Dieu vous bénisse » ou « que Dieu vous protège », les plans sur la mosquée, l’appel à la prière en fond sonore, mais également par des traditions parfois vues comme dépassées dans le prisme du film.

Dans ce cadre, la religion semble s’opposer à cette famille moderne et apparemment progressiste qui ne se plie pas aux lois de dénonciation et de punition de l’adultère. Dans leur couple, Meriem est à égalité avec Farès malgré la société qui lui demande de rester en seconde position. Ceci est explicite dans plusieurs scènes à l’hôpital, lorsque le pédiatre ne peut faire signer des papiers importants concernant Aziz à Meriem, le tuteur légal étant le père.

Pour conclure

Un fils est un film maîtrisé, à la réalisation sobre mais soignée. Le peu d’artifices laisse place à la réalité et protège l’intrigue du pathos. La caméra à l’épaule nous rapproche des personnages et nous fait ressentir leur douleur. Même les paysages grandioses ne sont pas embellis, le désert se suffit à lui-même.

Un fils
Le désert tunisien

Nouvelle Vue vous recommande grandement d’aller voir ce long-métrage ; il est toujours rafraîchissant d’aller au cinéma voir autre chose que les grosses productions américaines habituelles.

Rendez-vous dans les salles obscures dès le 11 mars 2020 et n’oubliez pas de partager vos avis avec nous !

Retrouvez la bande-annonce !

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