Une fin décevante pour la COP254 min read

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La COP25 s’est terminée ce dimanche 15 décembre à Madrid avec quarante-deux heures de retard. L’accord trouvé est bien éloigné des enjeux climatiques auxquels nous devons faire face. Retour sur une conférence bâclée.


Initialement prévue au Chili mais, sur fond de crise sociale, la 25e conférence des Nations Unies s’est finalement tenue à Madrid du 2 au 14 décembre 2019.

Cette année 2019 fut marquée par un nombre important de marches pour le climat et un certain nombre de catastrophes climatiques plus ou moins importantes. Malgré tout l’accord trouvé après les deux semaines de négociations semble bien éloigné des enjeux climatiques actuels.

Finalement, le texte appelle à des «actions urgentes» afin de réduire l’écart entre les engagements actuels et les objectifs de la COP21 de diminuer le réchauffement climatique à 2° de plus.

Les pays les plus pollueurs comme la Chine, l’Inde ou les États-Unis restent signataires de l’accord. Ces derniers ont néanmoins fait part de leurs réticences tout au long des négociations. Ils ne semblent pas encore prêts à s’engager plus profondément dans la résolution de cette crise climatique. Les États-Unis de Donald Trump prévoient même de se retirer de l’accord dès 2020. 

La France : grande absente de cette COP25

Make our planet great again. Cette phrase, devenue célèbre, fut prononcée par Emmanuel Macron lorsque que Donald Trump annonça le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. 

Cependant, à la suite de la COP25, où la France fut peu impliquée, cette phrase pourrait être aujourd’hui retournée à son expéditeur. Armelle Le Comte, responsable plaidoyer à l’association Oxfam France, a affirmé sur Franceinfo que “ces derniers jours, il n’y avait aucun ministre. Le premier ministre et la ministre de la Transition écologique et solidaire ne sont passés qu’en coup de vent.“. Cette dernière souligna aussi le rôle minime joué par la France lors de ces négociations. 

Pour autant, le ministère de la transition écologique s’est empressé d’annoncer sa déception par le biais d’un communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Face à ce communiqué les internautes n’ont pu que s’indigner face au rôle moindre joué par la France d’Emmanuel Macron dans ces négociations. 

Des réactions sévères face à cet accord

Unanimement, la communauté scientifique, les ONG et certains responsables politiques semblent être d’accord sur le fait que l’accord trouvé lors de cette conférence est très éloigné des enjeux climatiques et écologiques. Malgré les appels de la communauté scientifique et le dernier rapport du GIEC nos responsables politiques ne semblent pas prendre en compte l’importance de la crise climatique.

Tout juste nommée personnalité de l’année par le magazine Times, Greta Thunberg a affirmée sur Twitter «la science est claire mais, la science semble ignorée». C’est également un appel a continuer les manifestations de cette année : «Quoi qu’il arrive nous n’abandonnerons pas. Nous venons à peine de commencer.»

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a aussi fait part de sa déception et de sa volonté de ne pas abandonner le combat. « Je suis déçu du résultat de la COP25. La communauté internationale a raté une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande en matière d’atténuation, d’adaptation et de financement de la crise climatique»

Résorber la crise climatique dans un cadre démocratique ?

Face à l’impossibilité de trouver une solution commune concernant la crise climatique, il est temps de se poser la question de savoir si cette crise peut être résolue dans un cadre démocratique ? 

Les dirigeants politiques semblent aujourd’hui obnubilés par le court terme alors que la crise écologique a des conséquences sur le long terme. Comme le souligne Hans Jonas, la démocratie, est par définition ancrée dans un territoire, or cette crise est planétaire et mondiale. Il est impossible d’enrayer cette crise individuellement.

Sera-t-il possible de mettre en place une transition écologique juste ? Ou bien va-t-il être nécessaire d’imposer des solutions coercitives ? Au-delà des enjeux écologiques, ce sont aussi des enjeux politiques et institutionnelles qui sont en jeu.

Aujourd’hui, chaque jour compte et cet accord minime ne permet pas de promettre aux générations futures un avenir ou la vie humaine sera possible. Prochain rendez-vous dans un an à Glasgow pour la COP26, où les États sont attendus au tournant pour enfin présenter un plan concret de réduction des émissions de gaz à effet de serre bien que ce ne soit pas le seul problème. Affaire à suivre.

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